L’Afrique s’expose fortement à la première grande récession économique de son histoire en 25 ans

Rue de Johannesburg, Afrique du Sud

L’Afrique s’expose fortement à la première grande récession économique de son histoire en 25 ans. C’est du moins l’avis de Krisztina Tora, directrice du développement des marchés au Global Sterling Group for Impact Investment (GSG) qui voit en l’important affaiblissement des TPME du continent un levier accélérant cet aboutissement plus qu’inquiétant.

Organisation à but non lucratif composé de nombreux pays membres, dont une bonne partie Africains, le GSG est bien placé pour suivre de près l’évolution de la vie économique de l’Afrique d’autant que sa vocation est de contribuer au développement du continent en redirigeant les flux de capitaux vers la création d’impact environnemental et social.

Dans ce sens, le Global Sterling Group, à travers Krisztina Tora, a annoncé des prévisions quelque peu inquiétantes en faisant valoir qu’à cause de la crise sanitaire associée à d’autres facteurs, le continent est sur le point de perdre la majorité de ses principaux leviers de l’économie, les micros, petites et moyennes entreprises.

Un avenir inquiétant s’annonce pour l’Afrique

Pour la première fois en 25 ans, le continent africain va entrer en récession.

Krisztina Tora.

C’est en cette phrase que se résument les prévisions du Global Sterling Group for Impact Investment en prenant en compte le cas de l’Afrique depuis que l’épidémie du coronavirus est entrée sur le territoire. Dans les détails, l’on pourrait même dire que la situation est encore plus inquiétante qu’elle laisse paraître si l’on croit Krisztina Tora faisant valoir que :

70 millions de personnes en Afrique subsaharienne risquent de tomber dans l’extrême pauvreté si rien n’est fait.

Krisztina Tora.

Pour expliquer cette éventualité désastreuse, ce responsable du développement des marchés du GSG a pointé du doigt la crise sanitaire menaçant quelque 20 millions d’emplois en s’acharnant essentiellement sur les travailleurs précaires et leurs familles, les chauffeurs de taxi, les agriculteurs ou encore les mains-d’œuvre de la construction. À Mme Tora de donner les raisons de ce penchant particulier :

La plupart d’entre eux n’ont aucune protection sociale, d’assurance chômage, d’assurance maladie, ni de congés maladie payés. Cela signifie que les pertes d’emplois et les réductions de revenus les frapperont plus durement.

Krisztina Tora.

Et comme si cela ne suffisait pas, cette experte en économie a aussi souligné que la disparition des filets de sécurités informels ne fera que renforcer la peine. Ce, pour la simple raison qu’également touchée par le Covid-19 et ses conséquences, la diaspora ne serait pas en mesure d’apporter son aide pour les mois à venir creusant un trou de 11 milliards de dollars de transferts de fonds.

La défaillance d’entreprises y serait pour beaucoup

Pour le GSG, promulguer des prévisions aussi inquiétantes n’est pas le fruit du hasard. Tout simplement parce que l’organisme a déjà pris en compte différents facteurs où les TPME jouent un rôle majeur.

En effet, tout indique que les micros et petites entreprises seront principalement à l’origine de cette décadence pour la raison que dans le continent, ces dernières représentent :

  • Plus de la moitié du PIB;
  • 90% des entreprises ;
  • 80% des emplois.

D’après le GSG, ces acteurs majeurs du secteur entrepreneurial et en ce titre les principaux leviers de l’économie africaine sont actuellement plus que jamais exposés à la faillite. Certains analystes arrivent même à penser que :

40% d’entre elles pourraient faire faillite dans les prochains mois si rien n’est fait pour les sauver.

Dans cette optique, cet organisme a d’ailleurs tenu à rappeler que ce rôle de sauvetage revient théoriquement aux établissements bancaires à travers le crédit professionnel. Mais en jouant au comparateur banque, le GSG a découvert que par rapport aux acteurs financiers de l’Europe, ceux d’Afrique sont loin de remplir leur mission. Ce, en précisant que seules 20% des PME africaines peuvent accéder à leurs offres de financement étant incapables de répondre à leurs modèles de rentabilités actuels.

Une situation qui ne fera que pénaliser les entrepreneurs qui, à cause du coronavirus et ses conséquences se retrouvent en très mauvaise posture financièrement pour permettre à Krisztina Tora de dire que :

Plus de la moitié des entreprises en Afrique va perdre entre 10 et 50% de ses revenus cette année. Les PME n’ont pas suffisamment de liquidités pour supporter une telle baisse.

Krisztina Tora.

Et pour y rajouter du sel faisant penser à un avenir encore plus morose, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), dans l’un de ses récents rapports, a démontré que les investissements dans de nouveaux projets en Afrique ont connu un effondrement historique au premier trimestre de 2020 en affichant une chute de 58%.

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