Le groupe BNP Paribas accélère sa transformation en misant sur l’innovation

Bâtiment de BNP paribas à Ozoir la Ferriere , France

Sous la pression des taux d’intérêt faibles, le groupe BNP Paribas est obligé d’accélérer sa transformation, au même titre que les autres banques traditionnelles. Par ailleurs, en plus de la concurrence des néobanques, les établissements historiques doivent faire face à l’intensification de la compétition dans la banque de financement et d’investissement sur le marché international. Comment appréhendent-ils cette situation ?

Dans un comparatif banque, les établissements financiers traditionnels affichaient de sérieux handicaps en matière d’offres digitales et de fonctionnalités innovantes à l’arrivée des nouveaux acteurs du secteur. Depuis, les grands réseaux bancaires ont réussi à rattraper leur retard et sont même parvenus à surclasser certaines néobanques.

Toutefois, dans un contexte défavorable, cette démarche exige de nombreux sacrifices liés à l’optimisation des coûts de gestion et à la digitalisation des métiers. Chez BNP Paribas, cette situation délicate se traduit notamment par la fermeture d’agences, la réduction des effectifs et l’investissement dans les nouvelles technologies. Les clients pourront ainsi bénéficier des meilleurs services à moindre coût.

Des enjeux concentrés sur le numérique

Afin de maintenir la qualité de ses services, BNP Paribas doit miser sur des parcours clients numériques efficaces. De cette manière, le groupe pourra compenser la disparition des agences et la réduction du personnel de sa banque de détail.

Au troisième trimestre 2019, l’enseigne comptait 78 millions de connexions sur ses applications bancaires en France, en Italie, en Belgique et au Luxembourg. C’est ce qu’indique son rapport à l’AMF datant d’octobre dernier.

Elle a ainsi enregistré ainsi une progression de 35 % en un an. BNP Paribas déclare par ailleurs avoir constaté une hausse de 29 % du nombre d’utilisateurs actifs sur mobile, avec 14 connexions par mois en moyenne par client.

Toutefois, pour rester concurrentiel, le groupe bancaire est conscient qu’il doit privilégier l’innovation et le développement de nouveaux outils. Ainsi, selon son dernier rapport financier, il compte de nombreuses nouveautés à son actif. Parmi celles-ci figurent entre autres :

  •  le paiement instantané ;
  •  la souscription 100 % digitale de crédits immobiliers ;
  •  l’option e-Private proposant les services d’experts en ligne.

BNP Paribas travaille aussi actuellement avec IBM sur une solution cloud conçue pour s’adapter aux spécificités du secteur bancaire. D’après D-Rating, le groupe est devenu la seconde meilleure banque française en 2019 en termes de qualité de la proposition digitale. Cet indicateur se base essentiellement sur la performance au niveau du parcours client et des fonctionnalités liées. Dans le classement, BNP Paribas se place juste derrière Orange Bank.

Concernant les fonctionnalités, la banque se retrouve en troisième position du palmarès annuel de D-rating. Dans les deux cas, elle bénéficie d’une excellente place dans le top 5. Cela dit, l’enseigne stagne légèrement en matière d’acquisition client, comme les autres grands réseaux français.

À travers l’application Lyf Pay, développée avec le Crédit Mutuel, BNP Paribas est également présente dans le secteur du paiement mobile. Ce dernier est dominé par les géants du numérique tels que Google Pay ou Apple Pay. En tout cas, le groupe français peut compter sur Hello bank! (520 000 d’utilisateurs) et Nickel (1,5 million de clients) pour s’imposer sur ce marché.

 

Une stratégie reposant sur la réduction des coûts

Dans un secteur de plus en plus concurrentiel, l’optimisation des coûts de gestion se révèle déterminante pour assurer l’avenir des banques traditionnelles. Elles doivent pourtant traiter avec un modèle économique complètement différent de celui des néobanques et des banques en ligne. Comme l’indique le dernier rapport publié par la Banque de France :

L’évolution des coûts d’exploitation reste une préoccupation, les banques françaises se distinguant par une hausse continue de leur coefficient d’exploitation depuis 2015 alors qu’il a fortement baissé en moyenne pour leurs principales concurrentes européennes.

Le coefficient d’exploitation est un indicateur résultant du rapport entre les charges d’exploitation et les revenus de l’entreprise. Fin 2018, il était estimé à 70,2 % pour les six plus grandes banques françaises, à savoir BNP Paribas, le Crédit Agricole, Société Générale, La Banque Postale, le Crédit Mutuel et BPCE. Elles affichaient ainsi un coefficient dépassant la moyenne européenne, chiffrée à 64,2 %.

Selon les spécialistes, les surcoûts observés sur cette période provenaient entre autres des restructurations réalisées au sein de ces grands réseaux. Si cette démarche revient assez chère à court terme, elle se révèle néanmoins avantageuse sur le long terme.

En 2018, BNP Paribas a traversé une période particulièrement difficile, enregistrant une baisse de 21 % sur son résultat courant avant impôts. De ce fait, le groupe s’est efforcé d’économiser 600 millions d’euros supplémentaires, en plus des 2,7 milliards d’euros prévus au départ. Ainsi, l’objectif est passé à 3,3 milliards d’euros d’économies pour assurer la rentabilité de ses activités.

À l’occasion de la présentation du bilan au troisième trimestre 2019, la direction de BNP Paribas s’est félicitée des chiffres encourageants enregistrés qui ont dépassé les projections initiales. Ainsi, sur l’objectif fixé, la banque est parvenue à économiser 1,7 milliard d’euros depuis le lancement de sa transformation en 2017. Rien que durant le troisième trimestre, des économies de 166 millions euros ont été réalisées.

Cette baisse des dépenses est due à l’allégement des charges salariales. Selon le cabinet d’expertise Xerfi, le secteur bancaire tend à réduire ses effectifs de 1 % par an. Ainsi, en 2018, il comptait environ 18 000 salariés de moins par rapport à 2011. Pour l’instant, cette démarche est surtout alimentée par les retraites. Toutefois, elle ne sera bientôt plus suffisante, obligeant ainsi les banques à mettre en œuvre des plans de congédiement.

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