Les banques européennes s’efforcent de préserver leurs marges

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En raison de la politique de la BCE, de nombreux pays européens estiment qu’il est désormais inévitable de facturer les dépôts, en dépit des réticences et du mécontentement des clients. Pendant ce temps, la France affiche des records en matière de dépôts à vue. Ainsi, cette pratique devient de plus en plus tentante pour les acteurs locaux.

Actuellement, les taux négatifs et le quantitative easing (achats nets d’obligations) alimentent les débats au sein du conseil de la Banque centrale européenne. L’Allemagne est favorable à l’initiative consistant à répercuter le coût de ces taux d’intérêt sur les dépôts des particuliers. Pour sa part, la France est totalement contre cette pratique.

La Banque de France (BDF) milite même pour la mise en place de mesures dissuasives pour empêcher les banques d’adopter cette stratégie. Pourtant, rien que l’année dernière, le taux à -0,40 % appliqué par la BCE depuis 2016 a coûté aux banques européennes près de 7 milliards d’euros.

Les dépôts à vue augmentent dans l’Hexagone

En France, le coût des ressources vient notamment de l’augmentation des charges liées à l’épargne réglementée. En effet, les ménages comme les entreprises alimentent continuellement leurs comptes courants. Pourtant, cet argent ne rapporte aucun revenu.

En juillet 2019, les dépôts à vue dans l’Hexagone ont ainsi atteint un nouveau record à 1 106 milliards d’euros, soit une hausse de 10,4 %. Ils représentent plus de 14 % de l’argent dormant évalué au sein de la zone euro. Comme le souligne la BDF :

« Depuis 2015, les sociétés non financières françaises sont à l'origine de 53 % des dépôts à vue, les ménages en représentant 42 % ».

En tenant compte de l’inflation, les taux réels de rémunération ont pourtant été négatifs l’an dernier. Ils étaient de -1,2 % pour les particuliers et de -1,7 % pour les sociétés non financières. D’autre part, les taux de rémunération moyenne des encours pour les comptes à terme se sont établis entre 0,77 % et 1,43 % en juin dernier, contre 0,03 % pour les comptes de dépôt.

Les épargnants, mais aussi les banques, dont la marge d’intermédiation liée aux prêts octroyés baisse, se trouvent pénalisés par la politique actuelle de la BCE. De ce fait, la solvabilité et la rentabilité de leurs fonds propres s’amenuisent. Les établissements financiers ne peuvent donc plus lever du capital. Au final, le robinet du crédit risque d’être fermé.

Dans ce contexte, la seule stratégie permettant d’obtenir un peu de marges consiste à facturer les gros dépôts. La filiale de la banque Lombard Odier en France envisage d’ailleurs d’appliquer cette mesure dès le mois d’octobre prochain pour les dépôts dépassant le million d’euros.

De nombreuses banques facturent déjà certains dépôts

Si la situation actuelle perdure, le taux d’intérêt négatif appliqué sur les dépôts de liquidités pourrait devenir un paramètre décisif dans un comparatif banque. La BCE, de son côté, semble militer pour une prolongation de sa politique des taux faibles durant les prochaines années.

Pour les banques européennes, cette initiative se traduira par une baisse continue de la rentabilité de leur activité, sur le moyen, voire le long terme. Afin de préserver un peu de marges, l’adoption d’un système de tiering permettrait notamment de réduire les coûts sur une partie de leurs excédents de liquidités.

D’après une étude récente d’UBS sur la baisse des marges nettes d’intérêt, les dépôts peuvent être assimilés à un domaine de pricing power longtemps négligé. Les banques doivent donc agir pour faire face à la situation actuelle. D’ailleurs, certaines enseignes danoises (comme Jyske Bank) et suisses (UBS, Pictet, etc.) ont déjà décidé de facturer les dépôts de leur clientèle fortunée.

Le gouvernement allemand, pour sa part, appelle les banques à ne pas répercuter le coût des taux négatifs sur les clients ayant un solde de compte estimé à moins de 100 000 euros. Néanmoins, au-delà de ce montant, la pratique serait déjà actée dans le pays. En effet, en Allemagne, le secteur bancaire est réellement affecté par ce contexte peu propice à la rentabilité.

La BDF, quant à elle, est toujours contre cette pratique et se montre confiante par rapport à la position de la majorité des établissements du pays. Elle souligne :

« Aucune banque française n’applique aujourd’hui de taux négatifs aux dépôts des particuliers et des PME ; aucune n’a à notre connaissance l’intention de le faire ».
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