L’avenir reste incertain pour le réseau français de banque de détail d’HSBC

Des GAB d'HSBC en France

Près de deux décennies après son rachat, le réseau de l'ex-CCF a fini par décourager l’HSBC en raison d’une intégration trop complexe et d’une conjoncture défavorable. Les spécialistes prévoient ainsi la cession prochaine de cette filiale de la banque britannique en France. Elle pourrait intéresser, entre autres, une banque étrangère souhaitant s’implanter plus facilement sur ce marché.

Le Wall Street Journal a récemment révélé que le groupe HSBC comptait vendre son réseau de banques de détail dans l’Hexagone. Au niveau de la filiale française, la direction et les syndicats nient tout en bloc. Il s’agirait, selon eux, de pures spéculations véhiculées par la presse. De même, le groupe n’a fait aucun commentaire sur le sujet.

Pour rappel, le réseau français d’HSBC est issu du rachat de l’ancien CCF (Crédit commercial de France) en 2000. Il recense 300 agences sur tout le territoire, dont 50 dédiées aux entreprises et 250 consacrées aux particuliers. Les rumeurs actuelles concernent surtout ces dernières, qui comptent actuellement 3 000 salariés.

Les principaux scénarios évoqués

Les banques françaises font partie des premiers acquéreurs envisagés par les observateurs. Toutefois, elles ont déjà du mal à gérer la fermeture de leurs agences et les suppressions de postes. Néanmoins, en raison de sa clientèle haut de gamme et citadine, la filiale française d’HSBC pourrait intéresser certaines enseignes telles que BNP Paribas ou Crédit Mutuel.

En effet, la concurrence devient de plus en plus féroce dans le secteur de la banque de détail. Les acteurs français pourraient ainsi envisager un repositionnement ou une expansion de leur réseau pour se démarquer. BPCE n’a manifesté aucun intérêt concernant l’acquisition du réseau de l’ex-CCF. Pourtant, le groupe a déjà racheté plusieurs banques régionales à HSBC en 2008.

Les analystes évoquent également la piste des banques étrangères. Elles pourraient ainsi profiter de l’occasion pour s’implanter dans l’Hexagone. D’ailleurs, le marché local est réputé comme particulièrement difficile d'accès dans le secteur de la banque de détail. Ce type d’opportunité a notamment permis à l’espagnole Santander de s’implanter et de s’imposer progressivement au Royaume-Uni.

Il est également possible qu’un fonds d’investissement très actif comme Cerberus s’intéresse à ce réseau bancaire. Pour information, cette enseigne a déjà acquis GE Money Banque, la filiale française de Novo Banco, la BESV et la banque de Société Générale aux Antilles. JC Flowers et Cerberus ont aussi racheté l’ancienne banque publique allemande HSH Nordbank.

Le fonds britannique AnaCap, pour sa part, a déjà repris Barclays France en 2017. Toutefois, selon les experts, ce type d’entité doit encore faire ses preuves auprès des professionnels et des autorités dans le secteur bancaire.

Une situation difficile pour le géant britannique

L'ex-CCF revendique à peine des parts de marché de 2 % en France. Autrement dit, le réseau passe quasiment inaperçu dans le pays, même sur un comparateur de banque. Le contexte actuel tend encore à aggraver sa faiblesse. Ainsi, le réseau français d’HSBC a affiché une perte de près de 17 millions d'euros en 2018. Ce problème de rentabilité vient notamment des effets des taux bas sur le marché.

Le géant britannique a travaillé sur de nombreuses solutions pour redresser sa situation en France. Le groupe a même envisagé d’entamer un processus de croissance externe avant le départ de son patron John Flint.

L’idée consistait à augmenter les marges en accroissant la taille de la structure dans l’Hexagone et en collaborant avec des acteurs locaux tels que LCL. Ce projet n’a finalement pas abouti.

Le contexte n’ayant cessé de se détériorer, la banque britannique semble finalement privilégier la cession de son réseau français. Cette opération permettrait de conclure ses mésaventures sur le marché des particuliers après le rachat du CCF. En revanche, son intégration auprès des entreprises s’est déroulée sans difficulté.

Selon les analystes, HSBC est surtout connue pour l’efficacité de ses systèmes informatiques et sa capacité à reproduire le même modèle à l’échelle mondiale. Le groupe n'a pas réussi à appliquer cette formule en France, en raison des spécificités réglementaires et fiscales du pays. De ce fait, la banque a fini par renoncer à la migration informatique et abandonner un de ses plus grands atouts.

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