Les banques numériques pourront-elles maintenir la gratuité des retraits au niveau des distributeurs ?

une femme qui retire de l'argent

La CIR (commission interbancaire de retrait) est passée à 0,89 euro au début de l’année, contre 0,57 euro depuis 2011. Cette augmentation de 56 % ne concerne en principe que les banques réglant les retraits effectués par leurs clients sur le distributeur d’un concurrent. Reste à savoir si ces enseignes vont répercuter cette hausse sur les consommateurs.

En 2011, l’Autorité régulatrice de la concurrence avait incité le GIE CB (groupement des cartes bancaires) à baisser la CIR de 20 % pour diminuer les frais bancaires des consommateurs. Dans la pratique, cette mesure s’est révélée inefficace selon les analystes. Une hausse de 6,67 % a même été constatée l’année suivante sur certains réseaux.

L’an dernier, les banques ont entamé des négociations avec le régulateur pour revoir cette commission à la hausse. Elles ont finalement eu gain de cause et l’augmentation est appliquée depuis janvier dernier. Les propriétaires de DAB (distributeurs automatiques de billets) pourront désormais facturer les retraits hors réseaux à 0,89 euro, au lieu de 0,57 euro.

Combien les retraits hors réseau coûtent-ils ?

De nombreuses banques digitales proposent des retraits gratuits et illimités au niveau de tous les distributeurs avec une Visa Classique ou une Mastercard. Cette formule est notamment appliquée par Boursorama Banque, Monabanq, Allianz Banque, Orange Bank, Fortuneo, Bforbank, Ma French Bank et Axa Banque. Toutefois, ce type d’offre concerne seulement les cartes d’entrée de gamme et ne couvre pas les services payants ainsi que les cartes premium.

D’autres enseignes ont mis en place quelques distinctions sur le plan tarifaire. Par exemple, les retraits hors réseaux sont facturés 1 euro par transaction chez Nickel, mais sont gratuits avec l’offre Nickel Chrome. Pour sa part, Hello bank! facture 1 euro par retrait avec Hello One, tandis que Hello Prime n’implique aucuns frais. Quant à Lydia, elle limite les retraits gratuits à 300 euros mensuels.

Anytime applique aussi des frais pour les retraits. Ils s’élèvent à 1,50 euro par transaction. Ce tarif passe à 2 euros chez N26, au-delà des cinq retraits mensuels offerts. ING Essentielle propose également cinq retraits gratuits dans le mois et facture à 1 euro chaque opération supplémentaire. Les retraits restent néanmoins gratuits avec la formule ING Intégrale.

De leur côté, Monese et Revolut proposent la gratuité sur les retraits hors réseau pour un montant de 200 euros mensuels maximum. Au-delà, le client sera facturé de 2 % de la valeur du cash retiré.

Enfin, la majorité des réseaux bancaires traditionnels ne facturent pas les deux (Banque Populaire du Nord), trois ou quatre (Crédit Mutuel, Crédit coopératif, HSBC et CIC) premiers retraits effectués dans le mois. Le client devra ensuite payer entre 0,85 euro (la Banque Postale) et 1,05 euro (LCL) par opération hors réseau, soit 1 euro en moyenne.

La hausse sera-t-elle répercutée sur les clients ?

Les réseaux bancaires traditionnels ont longtemps réclamé l’augmentation de la commission interbancaire de retrait. En effet, le gestionnaire du parc de DAB doit s’acquitter des charges liées à l’alimentation, l’entretien et la sécurité de ces appareils. Ainsi, sans apport supplémentaire, il sera contraint de fermer certains guichets pour limiter ses coûts de gestion.

D’ailleurs, de nombreuses banques ont déjà réduit leur nombre d’automates au détriment des consommateurs. Certains territoires finissent ainsi par ne plus avoir accès à des services bancaires de proximité. Malgré cette démarche, les réseaux doivent encore régler la modernisation de leur parc restant, à hauteur de 2 milliards d’euros pour les 50 000 appareils répartis dans tout l’Hexagone.

Dans ce contexte, les établissements financiers traditionnels veulent faire participer la concurrence, surtout la nouvelle génération de banques, au coût de gestion des distributeurs. De plus, les nouveaux acteurs dans le secteur bancaire misent souvent sur la gratuité des opérations aux guichets pour séduire les clients. Le moins qu’ils puissent faire est de payer pour ce service rendu selon les enseignes classiques.

Avec la hausse du CIR, les analystes s’interrogent sur l’impact de ce changement sur les consommateurs. En principe, cette commission ne devrait pas concerner les clients, sauf si les banques digitales décident de répercuter l’augmentation sur les utilisateurs.

En effet, leur business model peut difficilement absorber des charges supplémentaires. Pourtant, la gratuité représente un de leurs premiers arguments commerciaux.

En définitive, le problème concerne surtout l’avenir de l’argent liquide. Les néobanques, par exemple, se focalisent essentiellement sur les solutions dématérialisées comme le sans contact ou le paiement mobile. Ainsi, l’usage de distributeurs automatiques reste marginal pour ces acteurs et ne fait pas partie de leurs premières préoccupations.

Néanmoins, les espèces restent incontournables pour une grande partie de la population. Le régulateur prévient donc contre toute pratique anticoncurrentielle dans le domaine.

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