Les banques ont amélioré leurs pratiques depuis l’application de la directive MIF 2

Une banque scrutée à la loupe

Depuis 2011, l'AMF (Autorité des marchés financiers) effectue régulièrement des visites mystères dans les banques françaises. Elle cherche ainsi à vérifier la qualité des conseils financiers ainsi que les conditions de commercialisation des offres bancaires. En toute logique, le régulateur a observé l’évolution des pratiques dans le secteur une année après l'application de la directive européenne MIF2.

Effective depuis janvier 2018, la directive MIF 2 vise à renforcer la protection de l’investisseur en Europe. Cette réglementation exige notamment une meilleure information du client sur l’offre ou le produit, une plus grande transparence sur les coûts ainsi qu’une traçabilité optimale des opérations et des échanges.

L’AMF a réalisé deux campagnes, en décembre 2018, puis en février 2019, afin d’analyser le comportement des conseillers bancaires en investissement et d’obtenir plus d’informations sur le terrain.

L’autorité a effectué 220 visites auprès de 11 banques de grands réseaux dans tout l’Hexagone. Le scénario est basé sur l’appétence du client mystère au risque pour un investissement de 70 000 euros.

Diversification des offres commerciales

Dans l’ensemble, les conseillers tendent actuellement à présenter des produits bancaires plus variés qu’auparavant, avec une moyenne de 3,6 offres, contre 3,1 au cours de l’année 2015. Par ailleurs, 4,1 produits ont été proposés aux clients mystères présentant une plus grande appétence au risque, contre 3,2 formules pour les autres profils.

Le conseil semble également s’inscrire dans une logique de diversification des offres. Toutefois, l’assurance-vie reste un incontournable dans le domaine pour près de 90 % des conseillers en investissement, que ce soit pour les fonds en euros ou les unités de compte.

Le PEA commence à être très répandu, démontrant ainsi une volonté d’inciter à l’épargne financière lorsque le profil y est propice. Il en est de même les SCPI et OPCI, souvent recommandés aux clients les moins frileux. Pour les clients mystères plus prudents, les fonds diversifiés et les fonds actions sont généralement privilégiés.

L’AMF a également remarqué que les conseillers proposaient plus souvent des services de gestion sous mandat. Ses visites mystères ont en revanche démontré des problèmes de rigueur et de transparence dans la présentation des coûts. Pourtant, il s’agit d’une des règles de base de la directive MIF 2.

Selon les auteurs du rapport de l’AMF :

« C’est un sujet préoccupant, l’information donnée oralement reste toujours insuffisante sur les frais, ce qui est préjudiciable pour les épargnants ».

Néanmoins, l’étude a permis de constater les efforts réalisés par les banques au niveau de leurs systèmes d’information et d’accompagnement. Ces évolutions sont surtout perceptibles dans le process dédié aux nouveaux clients.

Amélioration des questions des conseillers

La transparence sur les frais bancaires fait partie des points à améliorer dans les établissements visités par l’AMF après l’entrée en vigueur de la réglementation MIF 2. Les acteurs du secteur devraient également réévaluer l'analyse des connaissances de l’investisseur.

En revanche, par rapport aux visites mystères précédentes, les auteurs du rapport ont constaté une nette amélioration des questionnements des conseillers. L’évaluation de la situation du client est assez similaire pour les deux profils, sauf au niveau des charges et de la capacité à supporter les éventuelles pertes.

En recevant de nouveaux clients, les conseillers les interrogent notamment sur :

  • leur situation professionnelle (dans 91 % des cas pour les profils prudents, contre 81 % pour les amateurs de placements risqués) ;
  • leur situation familiale (89 %) ;
  • le montant global de leur épargne (82 %, contre 81 %) ;
  • leur patrimoine immobilier (81 %, contre 80 %) ;
  • la répartition de leur épargne (81 %, contre 79 %).

Par ailleurs, les conseillers gèrent relativement bien :

  • l’évaluation des objectifs financiers de chaque profil (86 %, contre 90 %) ;
  • l’horizon des placements (88 %, contre 83 %) ;
  • l’appétence de l’investisseur au risque (78 %, contre 66 %).

En revanche, les questions concernant la tolérance du client au risque sont rarement abordées (51 % des cas pour les profils prudents, contre 28 % pour les moins frileux). Il s’agit pourtant d’une mesure initiée par la directive MIF 2. En outre, l’AMF a noté de nombreuses lacunes dans les questionnements portant sur les connaissances et l’expérience des clients en matière de placement.

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