Les néobanques en ligne de mire

Néobanque en cible

Depuis le début des années 2010, les néobanques N26 et Revolut modifient profondément le marché bancaire en proposant des services innovants, à des prix très abordables. Mais depuis quelques mois, les deux banques en ligne sont dans le viseur de certaines autorités de régulation, qui leur reprochent leur manque de transparence et de règlementation face à leur forte croissance.

Deux néobanques hypercroissantes

Revolut et N26 ont été créées respectivement en 2015 et 2013, dans un marché bancaire en pleine digitalisation. Très novatrices, elles ont notamment déployé des comptes bancaires uniquement sur application mobile, ainsi que des cartes bancaires virtuelles et physiques, le tout quasiment gratuitement.

Très vite, leur croissance a ainsi explosé. Début 2019, Revolut compte ainsi plus de 4,8 millions de clients dans plus de 30 pays européens, et N26 plus de 2,5 millions de clients. Ces deux entreprises sont considérées comme des « Licornes » valorisées plus d’un milliard d’euros chacune.

Néanmoins, les deux néobanques connaissent aujourd’hui un véritable revers, avec les coups portés par plusieurs autorités européennes de régulation bancaire. Retour sur l’envers du décor de ces deux banques en ligne.

N26 critiquée et remise sur pied

Après une croissance effrénée, la néobanque allemande N26 a subi de fortes critiques de la part de la BaFin, l’autorité allemande de contrôle des banques et des marchés financiers. Ont été notamment mis en cause les retards de la banque en ligne dans le cadre de la consolidation de son service client, face à la forte croissance de ses utilisateurs.

En effet, à diverses reprises, les services en ligne de N26 ont été mis en difficulté. Diverses attaques informatiques, ainsi que des tentatives d’usurpation d’identité ont été relevées. L’autorité allemande a donc critiqué le manque de personnel de l’entreprise, son management des tâches externalisées, et son manque de compétences techniques face à son expansion digitale.

Le co-fondateur de l’entreprise, Valentin Stalf, a reconnu ce coup dur pour sa néobanque en janvier 2019 :

A posteriori, nous aurions dû embaucher plus tôt davantage de personnes..

La banque a pris en compte les remarques et a notamment beaucoup investi dans son service client ses derniers mois. En levant plus de 260 millions d’euros supplémentaires au début de l’année 2019, elle a confirmé son désir de ne plus prendre de risque afin de pérenniser son développement sur le marché européen.

Revolut, encore sous le poids d’une enquête

La startup Revolut a également eu des soucis en 2018, après avoir volontairement mis en veille, et ce pendant plus de 3 mois, son outil de contrôle interne des transactions suspectes. Recadrée par l’organisme de régulation bancaire britannique, cette pratique a démontré – aux dépends de la réglementation - le désir d’expansion illimité de la néobanque qui déclarait en interne vouloir avant tout ouvrir le plus grand nombre de comptes.

D’abord londonienne , Revolut a demandé un agrément bancaire en Lituanie dans la perspective du Brexit. En décembre 2018, une banque centrale lituanienne a accordé son agrément à Revolut qui s’est vu octroyée la permission d’exercer sous le statut de banque dans les pays de l’Union Européenne.

Cependant, si Vilnius se veut ouverte aux fintechs et vise à devenir la nouvelle plateforme financière européenne, elle a récemment montré quelques réticences face à la néobanque. La Lituanie craint d’abord des risques financiers importants face à la forte croissance de Revolut, mais elle craint aussi et surtout l’influence russe sur la startup, ce qui pourrait aller à l’encontre des intérêts nationaux de la Lituanie.

Des liens familiaux entre les dirigeants de la startup et les acteurs russes du Kremlin ont ainsi été soulevés, posant la question de potentiels agissements de Revolut contre son état d’agrément. Rien de prouvé pour le moment, mais une troisième enquête est en cours à Vilnius sur le sujet.

La néobanque a également déposé un dossier pour obtenir une licence d’établissement de monnaie électronique au Luxembourg. Elle poursuit sa croissance sans se soucier des enquêtes à son encontre, ce qui pourrait lui jouer des tours sur le long terme !

Choisir la Meilleure Banque

Comparez gratuitement et sans engagement plus de 160 banques en ligne et réseau en moins de 1 minute. Economisez jusqu'à 300€ sur vos frais bancaires

economisez jusqu'a 300€ sur vos frais bancaire
je trouve ma banque

Archives

back top