Société Générale veut percer en Afrique avec son offre mobile Yup
Actuellement, des agents agréés de Yup, le porte-monnaie électronique de Société Générale, parcourent les rues des villes sénégalaises pour aller à l’encontre des populations non bancarisées. En effet, cette cible représente 80 % des ménages. Mais la banque ne vise pas seulement les particuliers, d’autant plus que davantage d’entreprises optent pour la digitalisation des flux. C’est notamment le cas de la brasserie Castel implantée sur le territoire camerounais.
Puisque la concurrence est particulièrement rude dans le secteur bancaire, Société Générale multiplie les stratégies pour conquérir davantage de clients. Sur le sol africain, le groupe ambitionne de concentrer les opérations à forte valeur ajoutée dans les agences des banques et transférer les services qui rapportent moins chez Yup.
ConstatOn note justement le retrait d’argent en espèces dont les coûts associés totalisent un dixième des frais généraux. En même temps, l’augmentation des points de retrait ne ferait qu’accroître le nombre de clients. À ce propos, l’établissement bancaire entend multiplier par deux sa part de marché en moins de quatre ans, quant à la clientèle des particuliers.
Visiblement, Yup intéresse les ménages parce qu’on dénombre chaque jour 1 500 nouveaux souscripteurs et 3 000 nouvelles transactions, dont les virements bancaires, les dépôts et les transferts d’argent.
Se mettre au même niveau que le géant Orange
312 000 e-wallets ont été mis à la disposition des clients ivoiriens, sénégalais et camerounais depuis que l’offre a été créée l’année dernière. Les usagers burkinabés n’ont pas été en reste. Société Générale souhaite défier l’opérateur Orange à travers son service de transfert d’argent. En effet, les comptes Orange Money, qui ont été ouverts dans 17 pays, se chiffrent à 40 millions.
Face à cette concurrence, la banque cherche à se distinguer. Il reste à savoir si Yup se démocratisera sur le continent africain. En tout cas, la banque projette de lancer le service dans quatre autres pays, d’ici un an.
Un meilleur accès aux crédits
Pour se distinguer de ses concurrents, Yup commercialise par exemple de nouveaux produits d’épargne et prélève des commissions peu coûteuses, à hauteur de 1 % à 3 % de la somme d’argent envoyée. Au Sénégal, la banque améliorera également l’accès aux prêts, telle une banque à distance qui distribue des microcrédits ou des nano-crédits.
Si le salaire de l’usager est viré via Yup, la banque pourra aussi accorder une avance sur salaire, pouvant aller jusqu’à 30 jours. Afin d’éviter de se retrouver en rupture de stocks, l’établissement octroiera un « crédit liquidité » aux enrôleurs.
Si le client désire ouvrir un compte Yup, l’agent prendra une photo de sa pièce d’identité et lui demandera de remplir un questionnaire. Une photo d’identité sera jointe au dossier, qui sera adressé par e-mail au service d’appui.
Les clients résidant dans les régions non couvertes par le réseau pourront envoyer le dossier par message téléphonique, par le biais de la « connectivité augmentée ». Après un contrôle de conformité, le compte du l’usager sera rendu opérationnel.
Bientôt un transfert d’argent entre pays africains ?
S’il est un grand défi que la banque prévoit de réaliser, il s’agirait du transfert de liquidités d’un pays africain à un autre, en dépit des risques de fraude. En effet, Société Générale fait face à de nombreux obstacles. D’une part, les différents portefeuilles numériques existant au sein de l’UEMOA ne peuvent opérer ensemble. D’autre part, les banques centrales de chaque pays n’ont pas la même perception des émetteurs de monnaies numériques.
Un haut représentant de la banque indique que Yup atteindra son point mort en 2020. En tout cas, l’établissement bancaire a déjà consacré 20 millions d’euros à la réalisation du projet. Si les dépenses affectées au financement des services récurrents s’enregistrent à 2 millions d’euros, une nouvelle implantation requiert un investissement de 5 millions d’euros.