Les enjeux de l’open banking pour le secteur bancaire

Coffre fort bancaire

L’open banking, beaucoup considère que c’est le futur de la banque. Il s’agit notamment de l’obligation de communiquer les données de paiement des clients à des services tiers, sous réserve bien sûr d’obtenir leur autorisation. Ce concept annonce une révolution de l’écosystème bancaire. Des experts de la transformation numérique du secteur nous éclairent sur le sujet.

L’open banking, un paradoxe qui soulève bien de questions

Ces dernières années, l’univers bancaire fait l’objet de multiples révolutions, souvent désignées par un anglicisme. Ce fut le cas par exemple avec l’avènement des fintechs – terme qui désigne les startups proposant des services financier - et de la blockchain, le registre virtuel qui permet de sécuriser l’historique d’une transaction.

Dernièrement, l’open banking est l’expression en vogue. Signifiant littéralement « service bancaire ouvert », le concept va à l’encontre de l’imaginaire collectif. En effet, aussi longtemps que l’on s’en souvienne, la banque a toujours été associée à un coffre-fort, un endroit sûr et fermé pour sécuriser son argent. Qu’est-ce donc cette idée d’ouvrir la banque ?

Selon Bruno Cambounet, président des solutions banque-finance chez Axway,

Il y a deux dimensions dans l’open banking. La première renvoie à la notion plus générale d’open data, ou données ouvertes, c’est-à-dire à la mise à disposition de données non personnelles, librement utilisables. Dans le cas de la banque, cela peut être par exemple la localisation d’agences ou de distributeurs. La seconde dimension de l’open banking, c’est l’ouverture à des tiers, sous certaines conditions évidemment, de données clients, et particulièrement des opérations de paiement, détenues par une banque.

Bruno Cambounet.

Le spécialiste va jusqu’à citer Bill Gates, le fondateur de Microsoft –

Nous avons besoin de services bancaires, nous n’avons plus besoin de banques

Bill Gates.

- avant d’expliquer que la valeur des services bancaires est d’autant plus importante quand ceux-ci s’ouvrent à des services extra-bancaires. Il a notamment pris l’exemple de la Grande-Bretagne où les comparateurs de banque ne se basent plus sur les tarifs, ni sur des profils d’usagers prédéfinis, mais sur la consommation réelle de l’utilisateur.

Couplé à un dispositif efficace d’aide au changement, cet outil permet de fluidifier le marché et d’encourager la compétition entre enseignes. De la même façon, l’usage des données bancaires dans des services d’agrégation et de coaching, à l’image de Linxo en France, permet d’optimiser ses frais bancaires et son épargne

Bruno Cambounet.

Pour Olivier Thirion de Briel, responsable des solutions d’identité et de gestion des accès chez HID Global, les données bancaires sont une véritable mine d’or. Elles permettent de connaître l’utilisateur, ses goûts et ses besoins. Grâce à elles, les fintechs auront la possibilité de développer des services extra-bancaires, en vue de récupérer encore davantage de données.

Les banques, grâce à leurs données, à leur connaissance des clients, à la confiance qu’on leur accorde, ont l’opportunité d’être au cœur du monde connecté (…) En plus de gérer de l’argent, elles peuvent gérer des identités. C’est une nouvelle source de revenus potentielle pour elles

Olivier Thirion de Briel.

Les usagers bénéficieront pour leur part d’une meilleure expérience utilisateur et d’un service amélioré.

Quels sont les risques pour les banques ?

En ce qui concerne les risques liés à l’open banking, Olivier Thirion de Briel estime que les banques ont raison de s’inquiéter sur la sécurité de leurs données du fait notamment de l’accroissement de la fraude et de la cyber menace. En effet, avec l’open banking, n’importe qui peut s’engouffrer dans la brèche. Pour lui,

Chacun est dans son rôle. Les banques veulent garder le contrôle sur leurs données et sur les usages qui en sont faits. Pour des questions de sécurité, mais aussi pour limiter l’essor des nouveaux entrants. Les services tiers, eux, veulent être indépendants, ne pas être bloqués par les banques.

Olivier Thirion de Briel.

Pour sa part, Bruno Cambounet considère que la question de la sécurité des données n’est qu’une excuse avancée par les banques pour ralentir le changement.

L’open banking risque en effet de les priver de certaines rentes, de les mettre en position de challenge permanent, alors que le contexte économique et réglementaire est déjà défavorable à leurs activités de détail

Bruno Cambounet.

L’open banking leur offre pourtant une opportunité de dégager de nouveaux revenus.

Choisir la Meilleure Banque

Comparez gratuitement et sans engagement plus de 160 banques en ligne et réseau en moins de 1 minute. Economisez jusqu'à 300€ sur vos frais bancaires

economisez jusqu'a 300€ sur vos frais bancaire
je trouve ma banque

Archives

Liens sponsorisés
back top