La course à la taille sur un marché tricolore très concurrentiel, le défi des banques mobiles

Des applications de banques en ligne

Après les acteurs en ligne, les néobanques imposent leur présence dans le paysage bancaire français, grignotant des parts de marchés aux enseignes traditionnelles. Au cœur de l’été, KPMG a publié une étude sur ce marché en plein essor. Toutefois, seules quelques-unes de ces jeunes pousses dynamiques ont atteint une taille critique.

Un marché saturé où peu ont atteint une taille critique

Selon le cabinet de conseil,

« Les banques mobiles ont réussi à séduire 2,6 millions de Français en seulement deux ans, ce qui représente une croissance de 250 % ».

18 enseignes se partagent actuellement le marché, mais KPMG souligne que seuls trois établissements sont parvenus à la taille critique.

  • Nickel, le « compte sans banque » racheté en 2017 par BNP Paribas, fait la course en tête avec près de 1,4 million de clients.
  • L’Allemande N26 suit, revendiquant 900 000 utilisateurs français en août dernier et 3,5 millions de clients dans toute l’Europe.
  • La dernière marche du podium est occupée par la Britannique Revolut, qui compte désormais 550 000 adeptes en France sur un total de 4 millions à travers l’Europe.

Au-delà du trio de tête, on retrouve plusieurs fintechs tricolores, pour ne citer que C-Zam (Carrefour Banque), Max (groupe Crédit Mutuel Arkéa), Manager.one (Banque Wormser Frères), Morning, Orange Bank, Qonto, Shine (pour les professionnels indépendants et les petites entreprises), Sogexia ou encore Xaalys (pour les 12-17 ans).

Sur ce créneau déjà encombré, les nouveaux arrivants sont nombreux. C’est le cas de Hello bank! et Boursorama, deux noms bien connus sur le marché des banques en ligne. Avec la récente sortie de la carte Ultim destinée aux voyageurs réguliers, la filiale de Société Générale marche sur les plates-bandes de N26 et Revolut. Le 22 juillet, c’est au tour de La Poste de se lancer avec Ma French Bank.

Les principaux enjeux : grandir et gagner en notoriété

« Avec la forte concurrence qui règne sur le secteur, les banques mobiles les plus petites risquent de disparaître au cours des cinq années à venir »

Mikaël Ptachek.

Analyse Mikaël Ptachek, coordonnateur des activités Fintech de KPMG dans l’Hexagone. Il voit néanmoins dans un probable mouvement de consolidation une aubaine pour les consommateurs.

D’après Stéphane Dehaies, associé responsable de l’activité Strategy Business Transformation au sein du cabinet,

« L’objectif de ces néobanques est moins d’être rapidement rentables que de devenir suffisamment grandes et accroître leur notoriété ».

Stéphane Dehaies.

Ainsi, elles pourront étoffer leur gamme de produits et services générateurs de valeur et développer leurs ventes via le cross-selling.

Par exemple, l’offre de N26 est limitée à un compte associé à trois types de cartes bancaires. Pourtant, des investisseurs fidèles ont déjà injecté 683 millions de dollars dans la pépite allemande, qui vise les 100 millions de clients dans le monde. Sa licence européenne devrait lui simplifier le déploiement de tous les produits bancaires proposés par les enseignes traditionnelles. Il reste à renforcer sa notoriété et à gagner la confiance des utilisateurs.

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