Le DG de Société Générale analyse les nouveaux défis dans le secteur

Une agence de la Société Générale

L’univers de la banque, et Société Générale en particulier, a traversé des moments difficiles au cours de ces onze dernières années. Frédéric Oudéa, le DG de l’enseigne, a fait un tour d’horizon des défis que les institutions financières doivent relever, en compagnie d’acteurs de différents secteurs et de journalistes du Parisien.

Le DG de Société Générale, Frédéric Oudéa, est arrivé à son poste en mai 2008, soit cinq mois après l’affaire Kerviel et juste au début de la crise. Pour rappel, Jérôme Kerviel était un trader qui a fait perdre 4,9 milliards d'euros à la banque par ses prises de position en Bourse. Le nouveau directeur général doit donc restaurer l’image de marque du groupe.

La même année, la crise des subprimes est survenue, entraînant une crise financière mondiale qui a gravement affecté le secteur bancaire. Après ces débuts difficiles, le dirigeant a accompagné le groupe dans son redressement qui affiche des bénéfices de 2,7 milliards d'euros en pleine révolution numérique.

La situation du marché bancaire en 2019

Aujourd’hui, de nombreuses grandes entreprises souhaitent lancer leur propre néobanque. Interrogé sur ce phénomène, Frédéric Oudéa se montre assez enthousiaste par rapport au développement de la concurrence sur ce segment. Ces nouveaux opérateurs stimulent même le groupe, selon lui.

Les GAFA se définissent par leur puissance gigantesque sur tous les plans. D’un autre côté, il existe une grande diversité de néobanques développées par des acteurs comme Carrefour ou Orange et reposant sur différents modèles.

« Ils ne se lancent pas pour gagner de l'argent en pensant que c'est une poule aux œufs d'or, mais pour la conquête des données et leur revente ».

Sur le projet Boursorama par exemple, le groupe a décidé de racheter des acteurs minoritaires sur le marché et de créer un modèle en concurrence avec son réseau. Le DG de Société Générale incite ainsi les entreprises à mettre en place une concurrence en interne. En effet, cette stratégie permet de stimuler concrètement les métiers existants. Il s’agit donc d’une prime d'assurance, car l’entreprise évolue dans les deux segments.

Concernant l’avenir des néobanques, Frédéric Oudéa se montre assez sceptique par rapport à la pérennité de la foule d’acteurs opérant actuellement dans le secteur. En effet, il est peu probable que toutes ces enseignes parviennent à rentabiliser leur activité en même temps et à long terme.

« Il y aura plutôt un ou deux leaders. Pour en faire partie, il faut aller le plus vite possible à la conquête des clients. D'ici là, il y aura des consolidations, des rachats par des banques, des acteurs qui disparaissent ».

Frédéric Oudéa.

Enfin, selon le dirigeant du groupe Société Générale, la banque de demain sera plus ouverte et encore plus digitalisée. D’ailleurs, les établissements bancaires actuels s'entourent déjà de nombreux partenaires pour pouvoir proposer de nouveaux services sur ces plateformes. Il est par ailleurs important de savoir se diversifier (mobilité, assurance, épargnes, paiements, etc.).

Le potentiel du modèle Boursorama

Boursorama, la banque en ligne de Société Générale, se démarque par sa large gamme d’offres attrayantes comme la carte Visa premier gratuite et sans frais. Il est donc tout à fait légitime de s’interroger sur la rentabilité de ce modèle économique et sur sa clientèle cible.

Selon Frédéric Oudéa, cette formule sans agence a été spécialement pensée pour les personnes souhaitant accéder à un service bancaire moins cher et sans conseiller. Elles pourront notamment obtenir des réponses à leurs questions sur Internet ou par téléphone.

Les utilisateurs correspondant à ce profil sont généralement très satisfaits. En revanche, ce modèle ne permet pas de répondre aux besoins des clients qui recherchent des conseils. Par ailleurs, ce type de service a un coût. Dans ce cas, il faudra s’acquitter des frais liés à la rémunération des conseillers en agence.

Cependant, contrairement aux particuliers, les entreprises ne peuvent pas se passer d’un conseiller. Elles ont besoin d’un banquier en raison de leur relation complexe avec les institutions financières. Ces conseillers sont, par exemple, incontournables pour connaître les moments propices aux investissements. Autrement dit, le modèle Boursorama convient surtout à un type de clients spécifique, les particuliers.

Avec ses 1,8 million d’utilisateurs, Boursorama affiche une part de marché de 30 % dans l’Hexagone. Concrètement, ces chiffres représentent environ 200 millions d'euros sur les revenus de Société Générale en 2018, qui atteignaient les 25 milliards d'euros. Au final, la banque a perdu près de 35 millions d'euros.

Néanmoins, comme le souligne le directeur général du groupe :

« Boursorama a le mérite d'attirer 30 % de clients supplémentaires par an. Si, demain, je demande aux équipes de ramener 100 000 et pas 500 000 clients en un an, Boursorama gagnerait immédiatement de l'argent. Dans nos frais, il y a énormément de coûts marketing et d'acquisition clients ».

Frédéric Oudéa.

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