En Suisse, les banques font payer cher le poids des taux négatifs à leurs clients

Façade et portail d’entrée ornés des mots "Schweizerische Nationalbank" au-dessus du portail d’entrée de la Banque nationale suisse (BNS) à Berne, en Suisse

Suite à la crise financière de 2008, la Banque Nationale suisse (BNS) a fait le choix de réduire en zone négative son taux directeur en se fixant pour objectif d’éviter que le franc ne s'apprécie davantage par rapport à l'euro et aux autres grandes monnaies. Une décision aurait des répercussions négatives sur les clients bancaires selon certains analystes.

Pour contrer une appréciation excessive du franc suisse, la BNS a choisi d’inclure les taux négatifs dans sa stratégie en faisant évoluer son taux directeur en zone négative depuis des années (à -0,75 % depuis cinq ans). Et en y regardant de près, les observateurs ont découvert que dans l’ensemble, cette décision a eu des impacts positifs pour l’État, les entreprises ainsi que les propriétaires de biens immobiliers.

Ce qui devrait donner le sourire à la majorité sauf qu’aux dernières nouvelles, la grogne se fait entendre concernant ce dispositif en grande partie pour la raison qu’au final ses conséquences sont plutôt négatives du côté des banques qui, à leur tour, font payer le prix cher à leurs clients, les particuliers.

Les banques en sont pénalisées…

Comme mentionnés plus haut, les taux négatifs de la BNS ont pour effet d’avantager les entreprises, l’État et les propriétaires de biens immobiliers. Ce qui n’est pourtant pas le cas pour les banques qui ont vu leurs marges bénéficiaires se rétrécir considérablement.

Plus encore, ces établissements bancaires sont contraints de verser une somme considérable auprès de la BNS pour payer les taux d’intérêt négatifs des fonds déposés sur les comptes de cette institution. Soit, deux milliards de francs aux dernières nouvelles qui ont permis à la Banque Nationale d’élever ses bénéfices à hauteur 49 milliards de francs pour la période d’exercice de 2020. Des rendements qui, profiteront également à l’État si l’on croit la convention entre le Département fédéral des finances et la BNS stipulant que :

Pour la période de 2016 à 2020, au moins un milliard de francs sera alloué à la Confédération (1/3) et aux cantons (2/3) si la réserve pour une distribution future présente un solde positif.

… mais ont trouvé une parade pour limiter les dégâts

Vu sous ces angles, l’on serait tenté de croire que les taux négatifs ont bien fait de pénaliser les banques suisses. Mais en y regardant de près, les analystes ont découvert que ces dernières ont trouvé une parade pour s’en sortir sans trop de dégât en faisant payer le prix cher à leurs clients.

À commencer par le fait que pour limiter la chute de leur rendement, ces établissements ont aussi imposé le mécanisme des taux négatifs sur les dépôts bancaires qui, au début, concernait uniquement les avoirs supérieurs à 100 000 francs, mais qui touche désormais les montants évoluant en dessous de ce barème.

Toujours dans le but de rattraper leur perte, ces enseignes financières se sont aussi mises à multiplier les frais bancaires en facturant toutes les opérations imaginables qu’il s’agisse d’émission de nouvelles cartes de débit ou de crédit, de relevés sur papier ou encore du simple fait que le client ne dispose que d’un compte.

Et la liste est longue, mais les observateurs s’accordent à dire que ce genre de pratique a bien fait de doubler le coût d’un compte en deux décennies. D’ailleurs, ils estiment que dans le lot, cette situation pénalise principalement les petits épargnants qui, en cas d’inflation positive, voient leurs réserves se faire grignoter, alors qu’en temps normal, ils payent déjà plus que les autres sur les frais de gestion.

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