Les contextes actuels obligent les fintechs à adopter de nouvelles stratégies

Jeune couple fortuné avec une carte de crédit et un ordinateur portable.

Un vent de changement souffle dans l’univers des fintechs depuis un certain temps. Celui qui pousse le système à entrer dans une nouvelle ère de son histoire. De quoi obliger les acteurs du domaine à adopter de nouvelles stratégies étant conscients que ce mouvement peut être une opportunité ou une menace.

Ces dernières années, de nombreux opérateurs ont pris part à une course visant à devenir la meilleure banque en ligne du marché financier. Simplement parce que des leviers comme la montée en force des géants du paiement ou encore la directive sur l’open banking a permis aux fintechs de se faire une place dans cet univers hautement concurrentiel.

Depuis, les spécialistes du domaine multiplient les efforts pour renforcer leur notoriété qui risque toutefois de chanceler maintenant que le levier principal qui devait assurer leur croissance a tendance à se dérober, les levées de fonds.

Une menace pour certains acteurs si d’autres y voient une opportunité.

Toutes confrontées au même problème

Les fintechs n’ont pas arrêté de se multiplier ces dernières années. Et d’après les analystes, ces opérateurs ont adopté différentes stratégies pour assurer leur croissance en misant principalement sur les collectes de fonds auprès des business angels comme l’indique un gérant de fonds privaty équity :

On a vu pas mal de sociétés où le modèle économique était de lever de l’argent tous les six mois, convaincu que les valorisations du secteur vont continuer à baisser.

Ce qui fut d’ailleurs le cas au début sauf qu’aux dernières nouvelles, les investisseurs commencent à faire preuve de réticence en constatant que dans les contextes actuels liés aux incertitudes conjoncturelles et à la hausse des taux, les investissements sont peu ou pas profitables. À cet expert d’ajouter :

Toute la question est de savoir si les capitaux levés ces dernières années suffiront pour passer la crise.

Un problème de taille avec lequel, toutes les fintechs sont confrontées selon les observateurs intégrant aussi bien dans la liste les filiales de fonds d’investissement que celles des grands groupes bancaires.

Une menace pour certains, une opportunité pour d’autres

D’après les analystes, certains acteurs voient ce problème lié à la réticence des investisseurs comme une aubaine.

Du côté des financeurs par exemple, le spécialiste du financement alternatif Silvr y voit un levier pour ses activités selon Nima Karimi, son dirigeant qui ne s’est pas retenu pour dire que :

De plus en plus d’entreprises se tournent vers nous pour se financer. Mais il ne faut pas qu’elles le fassent quand elles sont au bord du gouffre.

Nima Karimi

Même son de cloche du côté des startups ou des banques qui profitent de ce contexte pour renforcer leur notoriété à travers le rachat de fintech en difficulté. Ce qui est notamment le cas pour les enseignes qui ont les reins suffisamment solides pour emprunter cette voie. iBanFirst en est une preuve en rangeant son concurrent CornHill sous sa bannière et en mettant 100 millions d’euros de côté pour en acheter d’autres si l’occasion se présente.

Ce qui ne devrait pas être trop difficile puisqu’aux yeux de certains opérateurs, la situation actuelle est évaluée comme une menace pour les inciter à prendre la voie de la cession si d’autres préfèrent mettre un terme à l’activité faute de modèle économique viable ou de repreneur.

Allianz illustre bien la situation en annonçant la cession de sa filiale allemande Heymoney. Au patron de ce géant de l’assurance d’expliquer ce choix :

Construire un nouveau business model sur le marché numérique, c’est investir toute son énergie dans cette idée, mais aussi y mettre un terme si les objectifs ne sont pas atteints ou pas assez rapidement.

Un avis partagé par Arkéa qui a également décidé de tirer un trait sur Mangopay, Leetchi et Pumpkin.

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