La réorganisation structurelle de Crédit Suisse fait polémique dans le pays

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Conscient des défis du numérique et de la concurrence naissante des néobanques, Crédit Suisse prévoit une restructuration de ses activités dans le pays. Une réforme qui passerait par la suppression des doublons, via des fusions, mais surtout par des licenciements en masse. Une mesure qui a fait réagir les professionnels du secteur.

La deuxième plus grande banque helvétique, Crédit Suisse, prévoit une restructuration de ses activités dans le pays. Le groupe bancaire a informé la presse de cette réorganisation il y a un peu plus d’une semaine déjà. La direction souhaiterait notamment se concentrer sur le développement de leurs services numériques, au risque de se faire distancer par ses concurrents, mais aussi de voir ses sociétaires changer de banque.

Crédit suisse a également indiqué que cette restructuration passerait inévitablement par une réduction de postes, en outre, une vague de licenciements est à prévoir. Une réforme qui aurait suscité l’indignation des syndicats locaux.

S’implanter dans l’ère du numérique

La société bancaire helvétique a dressé un constat : les visites en agence se font de plus en plus rares, ce, à cause des services en ligne. Les sociétaires ont désormais la possibilité de gérer leur compte et d’effectuer leurs transactions financières via l’application mobile de leur banque. Une tendance qui s’est amplifiée suite à la pandémie sanitaire, comme l’a confirmé l’établissement bancaire basé en Suisse :

La crise du Covid-19 a encore accéléré cette évolution.

Crédit Suisse compte d’ailleurs surfer sur cette dynamique et lancer une nouvelle offre de services numériques d’ici le mois d’octobre prochain.

Mais la restructuration ne devrait pas uniquement toucher les salariés. En effet, la banque helvète prévoit aussi de fusionner sa filiale régionale dénommée Neue Aargauer Bank avec les activités exploitées sous la marque Crédit Suisse. Ceci, afin d’éviter les doublons, comme l’a précisé sa direction.

Il est à noter que le groupe centenaire est l’actionnaire majoritaire de Neue Aargauer Bank depuis 1994. Cette dernière gère environ des actifs estimés à hauteur de 19 milliards de francs suisses et disposait d’un volume hypothécaire de près de 19,1 milliards de francs à la fin de l’année 2019. Pour assurer le bon fonctionnement de ses services, la banque régionale a développé un réseau de 30 succursales pour environ 530 employés.

Cependant, avant de pouvoir regrouper les activités de ces deux entités, Crédit Suisse devra d’abord obtenir l’approbation de la Finma, l’autorité de surveillance des marchés en Suisse. Mais le groupe bancaire se montre optimiste, sa direction prévoyant de concrétiser ce projet d’ici la fin du deuxième trimestre 2021.

Une centaine de licenciements est inévitable

Compte tenu de cette fusion et de cette restructuration, bon nombre d’agences de Crédit Suisse vont fermer dans le pays, passant de 146 à 109. Cette réduction de succursales devrait permettre au groupe bancaire helvétique d’économiser environ 100 millions de francs suisses sur les frais annuels d’ici 2022.

Les dirigeants de l’enseigne helvétique ne se sont pas encore prononcés officiellement sur le nombre de personnes concernées par les mesures de licenciement. Mais selon André Helfenstein, le directeur de la division regroupant les activités en Suisse, ces coupes pourraient toucher jusqu’à 500 postes.

Cette réorganisation n’a pas manqué de faire réagir les professionnelles du secteur. Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, a indiqué pour sa part que :

La restructuration des activités suisses de Credit Suisse est le reflet de la tendance structurelle en faveur des canaux numériques.

Andreas Venditti

Une réforme logique, certes, mais de nombreux observateurs jugent qu’elle intervient à un très mauvais moment. L’Association suisse des employés de banque a souligné cette condition dans un communiqué, et a rajouté qu’en ces temps d’incertitude économique, les licenciements sont malvenus, d’autant plus qu’il sera difficile pour les salariés concernés de trouver un nouvel emploi en cette période. Elle a déclaré que :

Cette décision démontre un manque de solidarité vis-à-vis des employés dans un contexte de tensions sur le marché du travail.

Andreas Venditti

Pour conclure, cette défenseuse des droits des salariés a suggéré aux banques du pays de suspendre tous les licenciements prévus pour ce mois, et ce, jusqu’à la fin de l’année, le temps pour les employés d’anticiper la manœuvre.

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