Les effets financiers du confinement ont accentué les écarts auprès des Français en matière d’épargne
Banque de France a récemment rendu public un rapport concernant l’évolution de l’épargne des ménages sur la période de fin décembre 2019 à fin juin 2020. L’occasion pour cet organisme de démontrer que les effets financiers des mesures de confinement ont accentué les écarts entre les habitants des villes et ceux des départements ruraux en matière d’épargne.
Plus fourmis que cigales, les Français font preuve d’une attirance particulière pour les produits d’épargne comme le Livret A, le LDD, le PEL, le PEA, les comptes à terme ou l’assurance vie qu’ils ne peuvent plus s’en séparer même si parfois, ils décident de changer de banque.
C’est d’ailleurs dans l’optique de mesurer l’évolution de leur capacité à mettre de l’argent de côté en période de crise que Banque de France a concentré ses études sur ce sujet au premier semestre de cette année. Ce qui a permis à cette institution financière de découvrir que dans ce domaine, le confinement a servi de levier pour creuser l’écart déjà existant entre la population rurale et celle des grandes villes.
Le confinement n’a pas eu les mêmes effets
Dans son rapport, Banque de France a fait savoir qu’en matière d’épargne, l’écart existait déjà bien avant que l’épidémie du coronavirus ne fasse son entrée dans l’Hexagone. Ce, pour la simple raison que d’une manière générale, les habitants des villes gagnent mieux leur vie que ceux des zones rurales.
Ainsi, à travers cette note, la Banque centrale a fait savoir que le confinement a servi de levier à cette distance en précisant que les effets financiers de cette mesure destinée à limiter la propagation du coronavirus y sont pour beaucoup en pénalisant la population rurale et en avantageant celle des zones urbaines.
En effet, tout indique que durant cette période, la majorité des ménages des départements ruraux étaient contraints de faire face à une baisse de revenus les incitant à puiser dans leurs épargnes. Ce, parce qu’ils sont bien nombreux à se retrouver dans le chômage partiel ou à subir les effets de l’arrêt des activités étant majoritairement composés d’autoentrepreneurs et d’artisans.
Ce qui est loin d’être le cas pour ceux qui vivent en ville dont les plus nombreux ont eu la chance de continuer de toucher leur salaire, grâce au recours au télétravail, alors que leurs dépenses quotidiennes en matière de déplacement, de restauration ou d’habillement ont largement diminué étant contraints de rester chez eux.
Les habitants des grandes villes ont eu le dessus
Impactant différemment la capacité d’épargne des Français selon leur zone d’habitation, le confinement a certes donné l’avantage aux habitants des grandes villes qui ont eu la chance de mettre de côté beaucoup plus d’argent par rapport aux autres.
Ainsi, il serait utile de préciser qu’au niveau national, le niveau moyen d’épargne de chaque ménage a progressé de 1 265 euros durant les six premiers mois de 2020. Ce qui est loin du compte une fois comparé à la croissance enregistrée dans les grandes agglomérations comme les Hauts-de-Seine ou l’Île-de-France enregistrant respectivement 5 175 euros et 5 346 euros à leur actif mettant ainsi les Parisiens en tête de liste des classements.
Banque de France a d’ailleurs démontré qu’entre fin décembre 2019 et fin juin de cette année, l’ensemble des épargnes de ces derniers est passé de 206,3 milliards d’euros à 212,4 milliards d’euros, en progression de près de 6 milliards d’euros.
Pour mettre en exergue la différence évidente entre les zones urbaines et rurales, cette institution financière a ainsi pris en exemple le cas des Creusois qui, dans l’ensemble, n’ont cumulé que 2,1 milliards d’euros en notant que les autres départements ruraux comme Ardennes, Aisne, Aude, Ariège ou Pyrénées-Orientales ont également emprunté la même voie.