La réorientation stratégique des grandes banques européennes menace les postes de dirigeants

Bâtiment de la banque allemande Deutsche bank

Credit Suisse s’est récemment séparé de son directeur général, Tidjane Thiam, suite à des affaires internes d’espionnage. Le groupe bancaire zurichois est pourtant en plein processus de transformation initié par l’ancien dirigeant. D’autres grands établissements européens mettent également la pression sur leur direction dans un contexte particulièrement délicat sous le signe de l’incertitude et des repositionnements stratégiques.

Les membres de l’équipe de direction sont en principe libres de changer de banque, au même titre que les clients. De nombreux banquiers l’ont d’ailleurs déjà fait, comme Iqbal Khan en 2019. Il semble toutefois que ce dernier a été victime d’espionnage avant de quitter Credit Suisse pour UBS. Des filatures ont en effet été commanditées par le directeur général de la banque zurichoise.

Tidjane Thiam a justifié cette initiative qu’il considérait comme nécessaire dans un entretien accordé au Financial Times. Suite à plusieurs révélations concernant des affaires similaires, il a perdu son poste. Cet évènement survient alors que Credit Suisse se réorganise encore pour privilégier ses activités dans la banque privée.

Certains dirigeants épargnés

Le PDG actuel de Deutsche Bank, Christian Sewing, pilote le redressement de l’établissement depuis le limogeage de l’ancien CEO, John Cryan, en avril 2018. Eu égard aux circonstances de sa nomination, il était conscient de la précarité de son statut dès son arrivée au sein de la banque allemande. D’ailleurs, le conseil de surveillance suit de près l’efficacité de son intervention.

Cela dit, le plan de restructuration lancé par Christian Sewing semble convaincre les actionnaires. Le dirigeant a notamment supprimé 18 000 postes pour réduire les coûts de gestion de l’établissement. Deutsche Bank n’est pas encore rentable, mais ses actions commencent à repartir à la hausse. Elle a ainsi retrouvé la confiance des investisseurs.

Ces deux derniers mois, le titre de la banque allemande a connu une forte progression. Le cours a même atteint des sommets depuis l’entrée de Capital Group à son capital. Le gestionnaire d'actifs américain pourrait donc se révéler décisif pour l’avenir du dirigeant actuel de Deutsche Bank.

De leur côté, les banques françaises sont assez stables par rapport à leurs voisines européennes. BNP Paribas, par exemple, vient d’annoncer un bénéfice de 8,2 milliards d’euros pour 2019. Ce chiffre record a été établi par le premier établissement de la zone euro, en termes d’actifs, sous la tutelle de Jean-Laurent Bonnafé. Ce dernier dirige le groupe depuis près de neuf ans.

De même, Société Générale n’a pas changé de dirigeant depuis 2008. Son PDG, Frédéric Oudéa, a d’ailleurs été reconduit jusqu’en 2023. Il pourra ainsi poursuivre le programme de restructuration de l’enseigne.

Problèmes d’exécution d’une stratégie prometteuse

Sous l’initiative de Tidjane Thiam, Credit Suisse a effectué un important repositionnement stratégique depuis de 2015. La réorganisation de son activité se traduisait notamment par la réduction de la voilure dans le domaine de la banque d’investissement. Cette démarche a permis de disposer de plus de marge de manœuvre dans le secteur de la banque privée.

La plupart des spécialistes ont salué la pertinence de cette décision. UBS a indiqué dans une note publiée récemment que la stratégie d'investissement initié par Credit Suisse il y a cinq ans vaut encore aujourd’hui.

Elle se résume en deux points : limiter les points morts, puis rediriger les ressources et les efforts vers des activités rentables, en l’occurrence, la banque privée.

D’autres analystes, quant à eux, ont remis en question la capacité de l’ancien dirigeant à mener à bien ce processus de transformation. En effet, l’action de l’enseigne n’est pas repartie à la hausse en cinq ans. Elle a même été divisée par deux durant cette période. La baisse est estimée à 37 % depuis 2018.

Le directeur général par intérim de HSBC, Noel Quinn, se retrouve également dans une situation tout aussi délicate avec le pilotage de la réorientation stratégique de la banque. D’ailleurs, il n’est toujours pas confirmé à ce poste qu’il occupe depuis le mois d’août dernier. Selon les analystes, le groupe attend encore de découvrir son plan de restructuration avant de prendre une décision.

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