Face à la concurrence, les banques traditionnelles comptent sur le créneau offert par la reprise pour renforcer leur notoriété
Habituées à détenir le monopole du marché des pros, les banques traditionnelles sont soumises à de rudes concurrences depuis l’essor des fintech et des néobanques. Ce qui explique leur choix de multiplier les efforts pour séduire la clientèle en apportant une attention particulière aux professionnels et aux très petites entreprises (TPE).
Répertoriant environ 4 millions d’entités, le marché des professionnels et des TPE est un axe majeur de développement pour les banques traditionnelles sur la période d’avant-crise. Et maintenant que l’heure de la reprise a sonné, tout indique que ces dernières y ont vu une ouverture qui devrait leur permettre de renforcer leur notoriété mise à mal par la montée en force de la concurrence menée par les néobanques et les fintech.
Et les stratégies adoptées pour servir cette cause sont bien nombreuses, mais en y regardant de près, tout indique que ces acteurs bancaires ont décidé de mener la lutte sur le terrain privilégié des concurrents, le numérique.
La pression est à son apogée
Comme susmentionné, le marché des pros compte environ 4 millions d’entités regroupant des néo entrepreneurs, des TPE, des artisans, des commerçants ou encore des professions libérales. Tout cela pour dire que ce n’est pas la clientèle qui manque pour les banques traditionnelles.
Du moins, jusqu’à ce que les fintech et les néobanques ne fassent leur entrée pour se tailler une part du lion en séduisant la clientèle avec des services simples et compétitifs comme pour le cas de Qonto en collaboration avec October qui se veut être la meilleure banque en ligne dans ce domaine en proposant :
- Des outils de gestion financière aux petites entreprises ;
- Des services de paiement ;
- Du crédit en ligne.
La pression est ainsi à son apogée pour les entités bancaires classiques d’autant qu’avec le taux relativement bas des intérêts, les marges bénéficiaires ont tendance à s’effriter même s’il y a encore de l’argent à gagner. À Bertrand Magnin, directeur du développement chez Banque Populaire de préciser :
La concurrence se joue moins sur les prix que sur la proximité et l’efficacité de la relation avec son banquier.
Bertrand Magnin
Les banques relèvent le défi
Avec les différents éléments susmentionnés, les acteurs bancaires classiques s’accordent à dire qu’ils ont plutôt intérêt à reprendre les choses en main. Dans ce sens Thomas Rocafull, directeur chez Sia Partners a tenu à faire remarquer que :
Les banques essayent d’occuper le terrain face à ces nouveaux acteurs plutôt attractifs. Il faut pouvoir convaincre les pros de l’intérêt de choisir des offres dédiées, souvent plus chères, et de la valeur qu’elles apportent.
Thomas Rocafull
Le défi est d’autant plus important selon Bertrand Magnin ajoutant que :
C’est un marché qui croît régulièrement, porté par les créations d’entreprises et l’évolution des modes de travail.
Bertrand Magnin
Ce qui explique en outre le choix des banques traditionnelles à multiplier les initiatives pour séduire cette catégorie de clientèle en adoptant différentes stratégies visant essentiellement à enrichir leurs offres et services. D’ailleurs, tout indique que pour mettre toutes les chances de leur côté, elles ont décidé de défier leurs concurrents sur leur propre terrain, le numérique.
Pour s’en convaincre, il suffit de porter un regard sur le choix de la majorité de donner vie à une filiale en ligne ou à des services digitaux comme pour le cas de la banque de La Défense, de Crédit Agricole, de BPCE, de Crédit Mutuel ou encore de BNP Paribas. Inutile de préciser qu’à l’instar des fintech, leur objectif est de proposer des offres dédiées en ligne comme les prêts professionnels ou autres. À un responsable de chez Société Générale d’ajouter :
L’activité économique repart, et avec la sortie de crise, de nouvelles opportunités d’investissement se présentent, pour lesquelles l’accompagnement et les conseils d’un banquier sont essentiels.