Les acteurs du secteur bancaire souhaitent faciliter l’ouverture d’un compte en ligne

Une personne qui se connecte à une banque en ligne

Au printemps dernier, des professionnels du secteur financier se sont réunis sous la supervision de l’ACPR en vue de faciliter les démarches pour accéder aux services bancaires en ligne. Le groupe de travail a notamment misé sur les innovations technologiques pour réduire les justificatifs exigés sans affecter le niveau de sécurité. Explications.

Pour pouvoir ouvrir un compte en ligne, le client doit télécharger une copie de sa pièce d’identité, un RIB, un justificatif de domicile, un bulletin de paie, un avis d’imposition, etc.

Parfois, le nombre de pièces exigées pour cette opération finit par décourager certains consommateurs. Avec l’intensification de la concurrence dans le secteur, les banques et les Fintech souhaitent une modification de la réglementation pour faciliter davantage ces démarches.

L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) a ainsi piloté un groupe de travail constitué de banques, de fournisseurs de paiement, d’experts en technologie d’identification, etc. pour se pencher sur le sujet. Leurs recommandations ont été présentées début juillet 2019.

Des systèmes misant sur l’identité numérique

En vue de faciliter l’ouverture d’un compte, la plus grande difficulté pour les protagonistes réside dans le fait de concilier fluidité et sécurité optimale. En effet, la banque doit à la fois simplifier au maximum l’expérience utilisateur et répondre à toutes les normes de sécurité en vigueur dans le secteur.

La France se présente actuellement comme un acteur majeur de la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent. Le pays plaide d’ailleurs depuis des années pour faire converger les exigences des États européens en matière de sécurité. Ainsi, les superviseurs français excluent d’emblée toute initiative d’assouplissement de la réglementation.

La démarche consiste donc à miser sur de nouvelles technologies permettant de maintenir ou d’améliorer le niveau de sécurité actuel. Les systèmes d'identité numérique ultrasécurisés font notamment partie des solutions les plus prometteuses pour les spécialistes. Selon les explications de la directrice du programme identité numérique de La Poste, Candice Dauge :

« Là où aujourd'hui c'est à la banque, par exemple, de vérifier et conserver les pièces d'identité qui lui sont transmises, ce système permet aux clients de transmettre à la banque des informations qui ont déjà été vérifiées ».

Candice Dauge.

La Poste permet déjà à ses clients de créer une identité numérique afin de simplifier toutes leurs démarches futures en ligne. La sécurité de ce système repose notamment sur la vérification de l’identité de l’utilisateur effectuée par le postier sur place.

La Poste espère d’ailleurs que l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) reconnaîtra bientôt le haut niveau de sécurité de cette solution. Dans le même registre, la start-up française ARIADNEXT attend également l’agrément de l’agence pour son système d’identification à distance, Mobile Connect et moi.

Selon Guillaume Despagne, le dirigeant d’ARIADNEXT :

« Il y a un intérêt énorme des banques pour l'identité numérique de niveau substantiel qui va vraiment simplifier la démarche d'ouverture d'un compte ».

Candice Dauge.

De nouvelles réglementations en perspective

Les professionnels souhaitant simplifier l’ouverture d’un compte bancaire tout en améliorant le niveau de sécurité misent notamment sur des solutions technologiques telles que l’identité numérique. Toutefois, ils doivent encore se montrer particulièrement convaincants devant le législateur pour généraliser l’utilisation de ces nouveaux dispositifs.

D’ailleurs, le Parlement travaille actuellement sur la transposition des dernières normes européennes mises en place pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les réformes de la réglementation actuelle en la matière devraient ensuite être annoncées au plus tard début 2020. De ce fait, c’est le moment idéal pour émettre des recommandations sur les changements jugés indispensables dans le secteur bancaire.

Bien qu’il s’agisse d’une question foncièrement technique, la facilitation de l’ouverture des comptes se révèle décisive dans l’acquisition de nouveaux clients. La démarche répond en effet aux nouvelles attentes des consommateurs.

ImportantD’ailleurs, l’ACPR a récemment souligné ce point dans une de ses nombreuses publications donnant un aperçu de la situation dans le secteur. De plus, ce besoin de fluidité est étroitement lié au développement des banques en ligne, des néobanques et autres Fintech.

D’autre part, les néobanques françaises sont actuellement confrontées à l’arrivée massive et à l’expansion notable d’entreprises étrangères, telles que N26 ou Revolut. Ces établissements financiers ne sont pas toujours soumis aux mêmes réglementations que les acteurs français concernant l'ouverture d'un compte. Ils peuvent également miser sur divers outils basés sur la vidéo, les selfies, etc.

Face à ces sociétés d’envergure internationale, les banques françaises s’inquiètent de l’apparition d’un phénomène de distorsion au niveau de la concurrence. En effet, les enseignes étrangères disposent de solutions technologiques attrayantes et sont soumises à moins de contraintes réglementaires.

L’écart entre les différents acteurs du marché tend ainsi à s’accentuer dans l’Hexagone. Néanmoins, avec les nouvelles réglementations à venir, les établissements français pourront aussi envisager une expansion européenne en se focalisant uniquement sur leurs stratégies commerciales.

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