Les primes des banques gravement menacées

employés de la banque en réunion

Depuis quelques années, les revenus encaissés par les établissements bancaires ne cessent de chuter en raison des différentes réformes appliquées. L'entrée en vigueur récente de la décision du Conseil constitutionnel qui permet aux clients bancaires de changer de contrat d'assurance-emprunteur chaque année en fait partie. Face à une telle situation, les banques se mobilisent pour fidéliser leurs clients.

Les enseignes bancaires françaises sont de plus en plus menacées par les mesures prises récemment, qui font obstacle à leurs revenus. À titre de rappel, l’on peut citer l’entrée en vigueur de la loi Macron concernant la mobilité bancaire qui a permis aux clients d’échapper aux procédures fastidieuses et coûteuses du changement d’établissement, la possibilité de renégocier les crédits immobiliers, suivie par l’ouverture du marché de l’assurance-emprunteur.

Selon l’enquête menée par Accenture, 2 milliards d’euros de primes sont menacés. Les banques tentent alors de fidéliser leur clientèle en proposant des offres intéressantes et des réductions, qui risquent d’impacter leur rentabilité.

L’assurance emprunteur représente les 10% du produit net bancaire

Conformément à la décision du Conseil Constitutionnel datant du 12 janvier 2018, les clients bancaires qui ont souscrit à un crédit immobilier peuvent changer de contrat d’assurance-emprunteur chaque année.

Or, cette catégorie d’assurance, qui compense les faibles revenus procurés par les crédits à taux cassés, est très rémunératrice pour certaines banques françaises. L’assurance-emprunteur constitue en effet les 1/10 du produit net bancaire des banques de détail des grandes enseignes.

À ce sujet, Fabrice Gardette, responsable de l'assurance chez Accenture, une entreprise de conseil, souligne alors que :

Les clients en bonne santé, âgés de moins de 40 ans, appartenant au segment patrimonial et qui ont un capital important à assurer sont les plus susceptibles de changer d'assureur. Ces derniers représentent un tiers du marché capté par les banques. Pour eux, le gain de pouvoir d'achat moyen serait de 10 euros par mois. Dans la téléphonie, c'est un gain non négligeable. Les banques sauront probablement faire le nécessaire pour conserver leurs clients les plus précieux voire, pourquoi pas, pour transformer ces contacts clients en opportunités d'équipement.

Fabrice Gardette.

Par conséquent, 2 milliards d’euros de primes sont exposés au risque. C’est ce que révèle l’analyse du cabinet de conseil.

En effet, le départ des clients potentiels entrainerait une chute certaine du revenu des enseignes bancaires. En outre, ce phénomène risque d’impacter négativement leur portefeuille de contrats d’assurance-emprunteur « groupe ».

Ainsi, Accenture révèle dans son rapport que :

Près de 25 % des clients des banques ne pourront pas renégocier leur assurance-emprunteur, considérés comme trop risqués ou/et trop âgés. Ils verraient le coût de leur couverture augmenter.

Accenture.

Les conséquences de la tentative de fidélisation des clients sur la rentabilité

Avec les diverses réformes qui ont frappées le secteur, comme la loi sur le changement de banque, les enseignes bancaires tentent de garder leurs plus importants clients. Or, les efforts à fournir pour cette tentative vont probablement remettre en question la rentabilité du marché. C’est la raison pour laquelle, Fabrice Gardette prévoit qu’ :

On risque d'avoir une année 2018 très virulente sur les prix. La croissance des volumes va se poursuivre, mais pour les banques le marché de l'assurance emprunteur devrait stagner et se dégrader en rentabilité.

Fabrice Gardette.

Si l’on entre dans les détails, les enseignes bancaires envisagent de :

  • proposer de gestes commerciaux
  • améliorer l’expérience client
  • modifier certaines garanties et services

Rappelons que les mesures prises concernant l’ouverture sur la concurrence au niveau du marché de l’assurance-emprunteur ne datent pas d’hier. C’est la raison pour laquelle durant ces dernières années, on constate une réduction de 2 à 3% des prix.

De son côté, l'agence de notation Standard & Poor's se rend compte des éventuelles conséquences de cette ouverture du marché. Sur ce point, elle reste réservée et confie que :

Nous ne prenons aucune décision de notation pour le moment vis-à-vis des bancassureurs. Le danger que présente cette réforme demeure pour l'instant dilué, l'activité des banques étant très diversifiée.

Standard & Poor's.

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