L’Europe veut se défaire des acteurs américains œuvrant sur le marché du paiement

Pièces d’argents

Le 2 juillet dernier, 16 grandes banques européennes ont officialisé la création d’un nouveau réseau de paiement par carte bancaire. Il s’agit de l’European Payment Initiative (EPI), qui vise l’harmonisation des échanges financiers entre les pays du Vieux Continent. Un autre objectif consiste à rendre plus moderne son marché des paiements qui demeure fragmenté.

L’EPI a été imaginée par 16 grandes banques de 5 pays, à savoir l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas. Les établissements bancaires hexagonaux Société Générale, BPCE, BNP Paribas, La Banque Postale, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel en font partie. Des banques en ligne et des néobanques y ont-elles également participé ?

Malgré l’entrée en vigueur de la DSP2, la fragmentation du marché européen du paiement persiste. L’initiative entend ainsi remplacer les systèmes nationaux par une carte bancaire et un portefeuille électronique unifiés utilisables sur tout le continent européen. Un avocat associé chez Caprioli & Associés, Pascal Agosti, a abordé le sujet dans une chronique.

Le nouveau réseau de paiement paneuropéen est attendu pour 2022

Les acteurs qui évoluent sur le marché européen du paiement ont jusqu’à la fin de cette année pour rejoindre l’EPI pour figurer parmi ses fondateurs. Sont notamment concernés les :

  • Établissements de crédit ;
  • Établissements de paiement ;
  • Établissements de monnaie électronique.

Les règles de fonctionnement du nouveau réseau paneuropéen ont été déterminées par l’EPI Interim Company, créée le 7 octobre 2020 en Belgique. Cette société provisoire en a également défini le business model et la feuille de route technique. L’entrée en phase opérationnelle de la solution est prévue vers la mi-2022. Pascal Agosti note :

Ce délai peut paraître très court pour un projet d'une telle ampleur. Cela s’explique par le fait que l’infrastructure repose sur le système de virements instantanés SEPA (SCT Inst). Elle peut ainsi capitaliser immédiatement sur des infrastructures existantes, puissantes et sophistiquées, telles que le service de règlement des paiements instantanés TARGET (TARGET Instant Payment Settlement – TIPS) de l’Eurosystème.

Un déploiement qui implique certaines contraintes

L’EPI a une visée stratégique. Il s’agit de permettre à l’Europe d’être autonome vis-à-vis de Visa et de Mastercard, mais également des GAFAM qui sont de plus en plus présents sur le marché du paiement. Pascal Agosti commente :

Il est fait état d’une autonomie et non d’une concurrence, car ce nouveau réseau devait intéresser les paiements « domestiques », effectués en Europe avec des cartes émises par des banques européennes. […]

Pascal Agosti.

Par conséquent, l’EPI est surtout susceptible de remplacer les réseaux nationaux actuels tels que le réseau CB dans l’Hexagone. Cette solution ne modifiera pas pour autant les habitudes de paiement. En effet, la carte en plastique restera privilégiée pour régler des achats en magasin.

En revanche, la mise en place de l’EPI contraindra les commerçants à mettre à jour leurs terminaux de paiement, voire à les remplacer. L’ensemble des cartes qui circulent actuellement devra également être renouvelé. Ce chantier, qui vise à instaurer la souveraineté aussi bien sur le plan financier que numérique, sera conduit durant une période compliquée, marquée entre autres par la pandémie de Covid-19.

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