La facturation des dépôts se met en place chez les banques européennes

Un homme qui vérifie son relevé bancaire

En conséquence du taux bas appliqué par la Banque centrale européenne (BCE), les banques se voient dans l’obligation de facturer les dépôts de leurs clients. Pour l’heure, cette mesure n’a pas encore été adoptée par les établissements financiers qui opèrent dans l’Hexagone. Mais le maintien d’un taux négatif sur une période prolongée pourrait les amener à revoir leur décision.

La stratégie adoptée par la BCE est loin d’avoir donné les résultats attendus. À travers le taux négatif appliqué jusqu’alors, elle cherchait en effet à multiplier les investissements et à favoriser les emprunts, octroyés aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. Au niveau des établissements bancaires, les impacts se font sentir autrement, par la baisse des recettes notamment.

Pour la compenser, la facturation des dépôts de leurs clients est la solution adoptée par une partie d’entre eux. Les Français ont-ils alors raison de s’inquiéter ? Lors d’une interview sur RTL, François Villeroy de Galhau, directeur général de la Banque de France, s’est montré rassurant.

Le dépôt des clients « habituels » exempts de frais

La facturation des dépôts représente désormais une menace réelle pour les clients européens. Cet été, le nombre d’établissements qui ont pris cette disposition n’a en effet cessé d’augmenter.

Grâce à l’entrevue avec le directeur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, les clients français ont toutefois pu apprendre que la facturation ne s’appliquera pas aux particuliers considérés comme des clients « habituels ». D’après lui, cette mesure devrait uniquement se mettre en place chez les établissements qui gèrent de grosses fortunes.

Important Autrement dit, pour les clients qui disposent de plus d’un million d’euros sur leur compte courant.

Cela sous-entend néanmoins que tous les clients particuliers ne bénéficieront pas de l’exonération. Le directeur du Cercle de l’Épargne, Philippe Crevel, met d’ailleurs l’accent sur les nuances que cache cette notion.

Selon lui, l’utilisation de la désignation « particulier habituel » implique que certains clients, qui ne sont pas inclus dans cette catégorie, seront facturés pour leurs dépôts. Ceux dont le montant de dépôt dépasse le plafond admis par les banques.

Une mesure que celles-ci trouvent appropriée, sachant que le coût des taux négatifs appliqués dernièrement se chiffre déjà à 7 milliards d’euros, selon l’étude menée par Goldman Sachs. À elles seules, les banques françaises ont assumé un coût de 2 milliards d’euros.

Avec une telle perte, il est donc probable que les banques envisagent de facturer les dépôts dès 50 000 euros. Aucune loi ne l’interdit d’ailleurs.

Une situation évolutive

Les décisions prises par la BCE pourront donc, à tout moment, changer la politique des banques. En Allemagne, par exemple, une centaine d’établissements appliquent désormais des frais de dépôt, notamment pour les montants supérieurs à 100 000 euros. Les mesures prises seront toutefois revues en fonction du contexte économique.

Les petits épargnants qui détiennent un compte bancaire en Allemagne pourront ainsi également subir les conséquences du taux négatif de la BCE. Les banques allemandes envisagent en effet de prendre cette disposition si le contexte économique y est favorable.

En Suisse ainsi qu’au Danemark, les clients sont confrontés à la même situation. Lombard Odier envisage également de facturer les clients effectuant un dépôt de plus d’un million d’euros, tout comme certaines banques privées.

Interrogée sur la question, Société Générale a assuré qu’elle n’envisage pas de répercuter le taux négatif de la BCE, actuellement à -0,5 %, à ses clients. La banque réfléchit néanmoins à la situation des clients qui effectuent des dépôts plus importants.

Pénalisées par le taux de dépôt négatif, les banques européennes semblent n’avoir aucun choix. Les investissements ne semblant pas les intéresser, au vu des risques que cela représente, elles préfèrent confier leurs liquidités excédentaires à la BCE. Elles doivent cependant développer de nouvelles sources de recettes en parallèle.

En plus de la facturation des dépôts, les clients pourront donc également faire face à une hausse des tarifs bancaires, actuellement stabilisés suite à la crise des Gilets jaunes.

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