Le paiement mobile aura-t-il raison du cash ?

Un paiement par téléphone

Si l’évolution du paiement mobile en France est lente, elle tend à s’accélérer. Les consommateurs ont en effet de plus en plus recours à leur smartphone pour régler leurs achats. L’an dernier, près de 2 Français sur 3 ont utilisé le paiement sans contact. Le chèque, la carte bleue et le cash sont-ils pour autant voués à disparaître ?

En France, la carte bancaire reste de loin le moyen le plus utilisé pour effectuer des paiements. Au cours des 12 derniers mois, 97 % des Français l’ont utilisée selon une enquête de GfK pour Cofidis. Cependant, les modes de paiement sont axés chaque jour un peu plus sur le mobile.

En effet, il est désormais possible de régler un achat via l’empreinte digitale, de payer une addition en utilisant un smartphone ou encore d’effectuer un virement en quelques secondes. S’il faut encore parcourir un long chemin avant de parvenir au paiement 100 % mobile, son évolution laisse penser à un glissement inéluctable au détriment de la carte bancaire.

Appétence particulière des 18-24 ans

Le smartphone est considéré comme le moyen de paiement de demain. 43 % des 18-24 ans aimeraient régler leurs achats via leur mobile (28 % pour les Français).

L’étude de l’institut GfK montre d’ailleurs que la génération Z est particulièrement ouverte au paiement dématérialisé. Durant les derniers mois, 1 jeune sur 5 faisant partie de cette catégorie a payé avec son smartphone, en mode sans contact. C’est presque 2 fois plus que la moyenne en France.

La multiplication des téléphones compatibles avec la technologie NFC accélère le déploiement des solutions de paiement mobile par les géants du smartphone comme Samsung et Apple, mais également Google et Orange. Le mobile est bel et bien en train de se transformer en un moyen de paiement universel.

En guise d’illustration, la suppression du passage en caisse par les concept stores les plus modernes tels qu’Apple. De leurs côtés, les commerçants sur les marchés s’équipent de mini-terminal permettant de payer via une application sur smartphone. Une solution bien moins chère par rapport à la location de TPE comme SumUp ou iZettle.

Autre exemple, la solution créée par Lyf Pay il y a 2 ans. Cette application de paiement mobile permet à ses utilisateurs d’effectuer des paiements auprès des commerçants partenaires qui se comptent par milliers (Auchan, Carrefour, Casino, etc.). Il est possible de l’utiliser quels que soient son téléphone et sa banque.

Usage favorisé par plusieurs facteurs

Les limites du paiement mobile sont encore repoussées par l’arrivée du paiement instantané. Pour virer de l’argent à un commerçant ou un ami, nul besoin de connaître son numéro de compte ou son Iban. Son numéro de téléphone est suffisant pour effectuer un virement en temps réel. Les comptes bancaires des destinataires sont crédités en moins de 10 secondes tandis que la confirmation de la transaction est reçue en 20 secondes.

Ce service est utilisable tous les jours de l’année, 24h/24. Le montant par transaction est plafonné à 15 000 euros. Depuis novembre dernier, le virement instantané est en cours d’implantation dans 34 pays appartenant à la zone SEPA (UE, Norvège, Suisse, Monaco, etc.).

Beaucoup de facteurs concourent à développer l’usage du paiement mobile. L’augmentation à 30 euros du plafond de paiement qui était auparavant de 20 euros en fait partie. Par ailleurs, ce mode de paiement génère un véritable gain de temps pour les consommateurs comme pour les commerçants car la saisie de code n’est plus nécessaire.

Selon le GIE CB, l’usage du paiement sans contact est passé de 1,17 million à 1,23 milliard d’opérations de 2012 à 2017. Ayant atteint 12,4 milliards d'euros, le montant des échanges a également explosé. Pour 2018, le groupement avait prévu près de 2 milliards de transactions sans contact en France, soit plus de 70 % de hausse par rapport à 2017.

Le cash va-t-il disparaître ?

La question de la disparition de l’argent liquide se pose aussi bien en France que dans l’Europe toute entière. Depuis plusieurs années, un tiers des Suédois estiment ne plus avoir besoin de cash. Les commerces sont d’ailleurs nombreux à ne plus accepter les paiements en espèces en Suède. La monnaie fiduciaire en circulation dans ce pays ne représente plus que 1 % de son PIB contre 8 à 10 % dans les autres États de l’UE.

Le « zéro cash » semble aussi s’implanter dans l’Hexagone. Depuis l’an dernier, tout impôt d’un montant supérieur à 1 000 euros doit être payé par voie dématérialisée. Désormais utilisés par un grand nombre de Français, les services de paiement en ligne comme Paylib et PayPal renforcent leur position. 

Cette année, les cryptomonnaies devraient décoller auprès du grand public. Il est en effet possible d’acheter dans plus de 4 000 bureaux de tabac 50, 100 voire 250 euros de Bitcoin pour ensuite les transférer ou s’en servir pour régler des achats.

En juillet 2018, un rapport préconisant la suppression progressive de la circulation du cash en France a été remis à l'État. C’est là tout l’enjeu de l’industrie du paiement. En plus de se réinventer, elle devra bouleverser les usages des consommateurs et sécuriser leurs données. Cependant, avec les coûts et les processus que cela implique, l’invention d’un nouveau business model prendra du temps.

En outre, il faut prendre en compte que désormais le paiement peut aussi être effectué par des objets. Les tests réalisés sur des véhicules connectés réglant en toute autonomie l’essence ou l’électricité le démontrent.

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