L’économie est menacée par l’augmentation record du volume d’épargne durant le confinement

tirelire et pièces euros

Sur le seul mois de mars 2020, les Français ont détenu trois fois plus de liquidités que d’habitude sur leurs comptes à vue et leurs livrets. Ce phénomène résulte notamment du ralentissement de la consommation et du climat d’incertitude lié au confinement. Les analystes prévoient ainsi une hausse historique du flux d’épargne cette année.

D’après les premiers chiffres communiqués par la Banque de France, les particuliers ont placé 20 milliards d’euros de plus sur leurs comptes bancaires en mars dernier. Ce volume est très important, sachant que la hausse moyenne en la matière est estimée à 6 milliards d’euros par mois depuis trois ans. Il s’agit en définitive d’une conséquence directe du confinement.

Eu égard à cette tendance, les analystes de BPCE tablent sur un taux d’épargne annuel atteignant 17 %, voire 20 %. Alors que le flux enregistré sur le marché français est déjà l’un des plus importants en Europe, des niveaux record risquent d’être atteints cette année.

Des fonds pouvant être utiles ailleurs

Conséquence logique du confinement, le phénomène de surépargne constaté actuellement dans l’Hexagone commence à inquiéter les experts et les pouvoirs publics. La consommation est en effet la base même de la reprise postpandémie. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a indiqué en avril dernier :

Ce n'est pas de l'épargne dont nous avons besoin aujourd'hui.

Bruno Le Maire.

Afin de soutenir la relance économique, les Français devraient dépenser dès la fin de la crise sanitaire. En effet, l’écosystème national a besoin de ce flux d’argent pour se remettre des séquelles de l’épidémie. Cependant, les consommateurs risquent de continuer à épargner, le contexte étant particulièrement propice aux inquiétudes.

Si les consommateurs ne souhaitent pas effectuer d’achats, ils peuvent réinjecter le capital mis en réserve dans des investissements, comme le recommande le député Eric Woerth. Ce dernier a justement proposé la création d’un livret C, basé sur de modèle du produit d’épargne préféré des Français.

Cette fois-ci, les fonds seront utilisés pour le financement des industriels. D’autres élus suggèrent, pour leur part, de taxer les assurances-vie dont les encours dépassent 30 000 euros.

Selon le député Jean-Noël Barrot, co-rapporteur de la mission d’information parlementaire concernant l'épargne :

Ce surplus d'épargne va peut-être accélérer les réflexions sur la nécessité de mieux hiérarchiser la fiscalité selon les produits de court et de long terme.

Jean-Noël Barrot.

Le parlementaire précise toutefois que de nombreux foyers sont actuellement obligés de puiser dans leur épargne pour survivre durant la crise résultant de l’épidémie de coronavirus. Il faudrait donc éviter de les accabler davantage avec un durcissement de la fiscalité.

Des flux d’épargne historiques

Faute de pouvoir consommer, les Français ont inévitablement fait des économies durant le confinement. Cette épargne forcée était surtout tangible au niveau des comptes courants qui ont renfermé 13,8 milliards d’euros en mars dernier.

Ainsi, les encours ont atteint 515 milliards d’euros sur les comptes des particuliers et 5,8 milliards d’euros sur les livrets d’épargne. Sur cette même période, le livret A est notamment parvenu à doubler sa collecte jusqu’à 2,7 milliards d’euros, en dépit de la faiblesse de son rendement (0,5 %) et la fermeture d’un grand nombre d’agences.

Le directeur du Cercle de l'épargne, Philippe Crevel, explique :

Avant même la crise, nous étions déjà depuis deux ans sur une tendance à la hausse du taux d'épargne, avec une forte préférence pour la liquidité et la sécurité. Et cette tendance va se renforcer, car les Français sont inquiets, notamment face à la montée prévisible du chômage.

Philippe Crevel.

Cependant, l'Autorité des marchés financiers a constaté une forte hausse des investissements dans les actions, à hauteur de 3,5 milliards d'euros en mars dernier.

Ce chiffre est réellement surprenant étant donné que les Français évitent autant que possible les placements à risque. L’assurance-vie, en revanche, a connu une décollecte en pleine période de confinement. Il s’agit pourtant de la référence en matière de produit d’investissement sur le long terme.

En somme, l’Hexagone dispose de suffisamment d’épargne pour relancer rapidement son économie. Toutefois, les experts estiment que cet argent ne risque pas d’être déboursé de sitôt en raison du réflexe de thésaurisation face à la conjoncture incertaine.

Choisir la Meilleure Banque

Comparez gratuitement et sans engagement plus de 160 banques en ligne et réseau en moins de 1 minute. Economisez jusqu'à 300€ sur vos frais bancaires

economisez jusqu'a 300€ sur vos frais bancaire
je trouve ma banque

Archives

back top