Les taux négatifs appliqués par la BCE coûtent cher aux banques françaises

La BCE

La BCE (Banque centrale européenne) applique des taux négatifs sur les dépôts des banques européennes depuis juin 2014. Œuvrant dans le secteur, Deposit Solutions a récemment publié une étude traitant du coût et de l’impact global de ces taux sur les banques nationales. La société allemande a ainsi mis en exergue les faiblesses du modèle bancaire classique.

Selon les chiffres publiés par Deposit Solutions, les banques nationales ont payé à la BCE plus de 21,4 milliards d’euros d’intérêts négatifs depuis 2014. La Fintech de Hambourg a réalisé cette étude en se basant notamment sur des informations fournies par l’Administration Fiscale Fédérale Suisse, la Banque Nationale Suisse et la BCE.

Les taux négatifs représentent actuellement plus de 4 % des résultats des établissements bancaires de la zone euro. La France à elle seule représente près de 24 % des intérêts négatifs recensés au niveau de la BCE. De plus, ses charges tendent à augmenter plus vite par rapport aux autres pays de la zone euro. Il s’agit d’un argument solide en faveur de l’Open Banking.

L’Open Banking pour remédier aux failles du modèle classique

Selon les observateurs, les intérêts négatifs appliqués aux banques européennes durant ces cinq dernières années reflètent la faiblesse du business model utilisé actuellement dans le secteur. En effet, pour une banque traditionnelle, le poids de ces taux négatifs dépend à la fois du montant des dépôts et de la capacité de la structure à assurer leur gestion.

D’après l’explication du fondateur et dirigeant de Deposit Solutions, Tim Sievers :

Les banques qui travaillent en circuit fermé ont peu d’options pour alléger l’impact des taux négatifs sur leurs résultats. Elles peuvent augmenter leurs tarifs ou refuser les dépôts de leurs clients, ce qui revient dans les deux cas à faire porter aux consommateurs la charge des taux négatifs. Les banques ont plutôt intérêt à adopter une stratégie de plateforme ouverte pour proposer les placements d’établissements tiers dans le cadre de la relation client existante.

Tim Sievers.

Deposit Solutions promeut ainsi un modèle d’architecture ouverte. Depuis près de 15 ans, ce modèle innovant a été adopté par de nombreux gestionnaires d’actifs. Il est désormais en train de gagner le marché des dépôts bancaires. De plus, selon son fondateur :

En intégrant l’Open Banking dans sa stratégie commerciale, on peut s’appuyer sur des produits d’établissements tiers pour générer plus de business auprès de ses clients et en gagner de nouveaux. Pour de nombreuses banques, la contrainte de réduire la charge des taux négatifs peut devenir une opportunité. Ainsi, au lieu de subir le coût de l’argent placé à la BCE, elles peuvent transférer leurs excédents de liquidité à d’autres institutions tout en préservant leur bilan et en satisfaisant leurs clients.

Leader de ce marché porteur en Europe, la Fintech Deposit Solutions réunit désormais sur une même plateforme près de 90 banques, contre 50 établissements seulement en 2018.

Des charges importantes pour les banques locales

Contrairement aux clients particuliers, le changement de banque n’est pas vraiment une option envisageable pour les institutions financières traditionnelles. Pourtant, les banques européennes ont dû payer 7,5 milliards d’euros d’intérêts négatifs à la BCE en 2018. Ainsi, leur charge journalière en la matière atteint les 21 millions d’euros.

Le plus souvent, les coûts de ces taux négatifs sont essentiellement répartis entre les banques françaises néerlandaises et allemandes. De 2016 à 2018 par exemple, ces charges étaient de l’ordre de 5,7 milliards pour l’Allemagne, de 4,1 milliards pour la France et de 2,5 milliards pour les Pays-Bas.

Par ailleurs, les banques nationales de ces trois pays ont contribué à hauteur de 70 % aux 17,4 milliards d’intérêts négatifs des trois dernières années dans la zone euro.

Le coût des intérêts négatifs de la zone euro représente en moyenne 4,3 % des résultats des banques nationales. La France affiche un taux légèrement inférieur avec ses 4 %, tandis que l’Allemagne en comptabilise environ 9,1 %. Jusqu’en mai dernier, les banques européennes ont payé près de 21,4 milliards d’euros à la BCE en matière d’intérêts négatifs sur une période de 5 ans.

D’autre part, selon l’étude de Deposit Solutions, la charge d’intérêt a eu tendance à augmenter de façon continue en France en 2019, contrairement aux autres pays européens. En effet, de 2016 à 2018, le coût de ces taux négatifs est passé de 3,4 à 7,5 milliards d’euros. Il a donc plus que doublé pour la majorité des banques européennes.

Néanmoins, cette hausse était légèrement plus modérée au premier trimestre 2019, avec +0,1 % pour la plupart des établissements évoluant dans la zone euro. Les banques françaises, en revanche, enregistrent une charge de taux négatifs de 1,9 milliard d’euros sur la période 2018-2019, soit une croissance de 8 %.

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