Les banques sont déçues des performances du Livret A

des bocaux remplis de pièces euros

Jusqu’en 2009, le Livret A était distribué exclusivement par La Banque Postale et les Caisses d'épargne. Ce monopole a pris fin l’année suivante. Depuis, les autres établissements bancaires ont également pu proposer ce produit. Toutefois, les résultats de leur lutte s’étendant sur plusieurs décennies se sont finalement révélés décevants. Explications.

À partir de 2009, les banques françaises ont investi massivement dans des campagnes de communication pour proposer le Livret A à leur clientèle. Dix ans plus tard, les plaquettes et les écriteaux destinés à promouvoir ce produit sont devenus plus discrets, voire invisibles. Selon les professionnels, le contexte dans le secteur a radicalement changé depuis.

Pour rappel, les établissements bancaires se sont battus durant plusieurs décennies pour pouvoir commercialiser le Livret A. En effet, ce produit n’était auparavant commercialisé que par les Caisses d’épargne et La Banque Postale. Les acteurs du secteur ont donc considéré cette situation comme une forme de concurrence déloyale.

Vers une révision du Livret A ?

Depuis 2009, le taux du Livret A n’a cessé de baisser, rendant le produit de moins en moins intéressant pour les clients et pour les banques. Ces dernières sont d’ailleurs plus que déçues au regard des performances du placement.

Désormais, certaines enseignes mettent tout leur espoir dans une éventuelle révision de la rémunération du Livret A. En effet, son rendement devrait être revu à la baisse au mois de février prochain avec la nouvelle méthode de calcul, reposant sur le taux interbancaire et l'inflation (EONIA).

Le taux de rémunération du Livret A pourrait baisser jusqu’à 0,50 % et atteindre ainsi un plancher historique. Toutefois, cette prévision risque encore d’être contredite par l’évolution du contexte. En effet, ce produit d’épargne est souvent au centre de l’attention en politique. Il pourrait donc devenir un enjeu majeur dans le cadre des élections municipales prévues en mars 2020.

L’exécutif pourrait notamment reporter l'entrée en vigueur de la nouvelle formule, au détriment des banques. Selon un banquier, relayé par Les Échos :

« 0,75 % c'est aberrant dans ce contexte, mais il y a la raison économique et la raison politique ».

Et dans un contexte électoral, la raison politique pourrait bien passer devant la logique économique.

Un produit peu rentable

Il y a encore dix ans, le Livret A constituait parfois une raison suffisante pour changer de banque. Depuis la démocratisation de cette offre, les Français ont ouvert des millions de nouveaux comptes, notamment auprès du Crédit Mutuel et du Crédit Agricole. De grandes enseignes telles que BNP Paribas et Société Générale ont également participé à ce phénomène.

Entre temps, cet engouement s’est progressivement transformé en agacement généralisé dans le secteur. Selon les propos d’une banque sur Les Échos :

« Le Livret A c'est un peu comme les produits d'entretien dans un supermarché, ce n'est pas ce qui rapporte le plus, mais c'est indispensable ».

Les grands réseaux s'interrogent entre autres sur le coût du placement le plus populaire dans l’Hexagone. D’autant que sa collecte continue de progresser. Actuellement, le Livret A affiche une rémunération de 0,75 % que les établissements bancaires doivent assumer.

Celle-ci doit être prise en charge sur 40,5 % de la totalité de l'encours du Livret A, soit environ 300 milliards d'euros. Le rendement restant est assuré par la CDC (Caisse des dépôts et consignations). Le travail de collecte des banques est rémunéré par cette dernière à hauteur de 0,3 %. Toutefois, cette indemnité couvre à peine leurs charges.

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