Orange Bank entreprend sa relance dès cette année

capture écran du site Orange Bank

Un peu plus d’un an après son lancement, Orange Bank dégage un bilan plutôt contrasté. Depuis novembre 2017, la néobanque a gagné près de 250 000 clients. La majorité des souscriptions a été réalisée en agence. Face à l’essoufflement de son modèle et la vive concurrence, Orange Bank se penche sur plusieurs pistes cette année.

Alors qu’elle s’était initialement positionnée comme une banque 100 % mobile, Orange Bank peine à attirer des clients via les canaux numériques. L’objectif de 400 000 clients n’ayant pas été atteint pour sa première année, la néobanque a décidé de concentrer ses efforts de conquête sur le réseau de boutiques de sa maison mère.

ObjectifEstimant la relation entre les clients et leur banque culpabilisante, son directeur général, Paul de Leusse, prône une autre relation client pour séduire les consommateurs. Les outils de l’intelligence artificielle sont exploités à cette fin. Par ailleurs, Orange Bank compte s’appuyer sur le coaching financier personnalisé pour atteindre son objectif.

Principales pistes à partir de 2019

Le montant des pertes annuelles d’Orange Bank s’élève à 186 millions d’euros. Escompté pour 2023, le retour à l’équilibre dépend grandement de l’élargissement de sa base client. La banque mobile vise 2 millions d’usagers d’ici 2026 pour un PNB de 200 euros par client, hors coûts d’acquisition, ainsi que 3 milliards d’euros d’encours de prêt.

Pour atteindre ces objectifs, Orange Bank exploite plusieurs pistes. Une carte bancaire premium facturée 96 euros par an sera disponible à partir de mars prochain. Par ailleurs, la banque mobile propose déjà une solution de crédit à la consommation. Cette offre n’est cependant accessible qu’à ses clients. En 2020, le crédit immobilier et l’assurance-vie viendront aussi sûrement étoffer sa gamme de produits bancaires.

D’après une étude de l’Observatoire des nouveaux usages bancaires, la majorité des Français pense que la carte bancaire sera remplacée par le paiement par smartphone d’ici 5 ans. Si elle est aujourd’hui encore minoritaire, cette solution progresse à grande vitesse. Paul de Leusse précise :

Orange Bank est la première banque en termes de paiement mobile en France : nous avons réalisé 25 % à 30 % des transactions.

Paul de Leusse.

Pour la banque mobile, le développement du paiement mobile constitue donc une réelle opportunité. Elle n’a cependant pas signé avec des services comme Google Pay, Samsung Pay ou encore Paylib. Orange Bank compte plutôt exploiter les données télécoms pour déterminer le scoring du risque crédit :

Les données sur les comportements télécoms dont dispose Orange constituent un très bon outil prédictif du risque de crédit et un avantage concurrentiel pour nous par rapport aux autres néobanques.

Mise à profit de l’intelligence artificielle

Orange Bank a aussi l’intention d’utiliser Djingo comme un coach financier. Paul de Leusse précise que l’assistant virtuel comprend d’ores et déjà 85 % des questions et répond à 50 % d’entre elles.

Il est aussi capable d’avertir les clients si leur solde descend en dessous de 20 euros ou en cas de non-respect des conditions d’utilisation de la carte bancaire. En vue de développer davantage cette fonction d’alerte, la filiale d’Orange entreprend d’analyser les comportements des clients.

Bientôt, elle testera Mon coach financier. Cette application d’assistant financier digital permet l’agrégation de comptes bancaires depuis une interface unique en passant par une Fintech. Concrètement, des solutions sont proposées à des moments clés déterminés. De plus, cette application donne la possibilité de collecter les factures et de catégoriser les dépenses.

L’IA se présente donc comme une alternative fiable au conseiller chez Orange Bank. Il faut savoir que le profil client moyen de la banque mobile est différent de celui des autres banques en ligne. Paul de Leusse explique :

Nous avons 35 à 40 % de CSP+, ce qui est inférieur aux néobanques lancées dans les années 2000. Quand on s’appelle Orange, on capte forcément une clientèle différente, plus représentative de la population.

Paul de Leusse.

Le fait que 65 % des ouvertures de comptes s’effectuent en boutique contre 35 % en ligne constitue une autre surprise.

Retard par rapport aux autres banques en ligne

Le contexte réglementaire ayant simplifié les démarches relatives au changement de banque, Orange a décidé de devenir opérateur bancaire en novembre 2017 en créant Orange Bank. L’actualité a longtemps été occupée par l’arrivée de ce nouvel acteur dans le secteur de la banque en ligne cette année-là. Dans les 10 premiers jours suivant son lancement, la banque mobile a réussi à séduire 30 000 clients.

En 4 mois, elle en comptait 100 000. Cette dynamique s’est peu à peu tassée par la suite. Orange Bank n’enregistrait alors plus que 15 000 à 20 000 souscriptions par mois. À l’automne dernier, le nombre de ses usagers a dépassé les 200 000 clients. Sa base client doit tourner autour de 250 000 unités fin janvier 2019.

Par rapport à d’autres banques en ligne déjà présentes depuis 2000, Orange Bank affiche un certain retard en termes de nombre de clients. En effet, Boursorama Banque en compte 1,6 million, ING 1 million et Fortuneo 670 000. De plus, la filiale de l’opérateur télécom peine à concurrencer les autres banques 100 % mobiles comme N26, Revolut ou encore Nickel qui ont respectivement séduit 600 000, 500 000 et 1,16 million de clients. Dans le domaine du phygital, le lancement de Ma French Bank, offre de La Banque Postale, annonce un match intéressant cette année.

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