Le Crédit agricole dénonce les pratiques commerciales des banques «low cost»

À l'heure de la révolution numérique, plusieurs banques se lancent dans les paiements 100% en ligne, une nouvelle offre très prisée par la clientèle. Toutefois, les investissements liés à ces plateformes virtuelles sont très coûteux et les géants de la finance comme le groupe « Crédit agricole » ont largement contribué à la mise en place de ces infrastructures.

C’est pour cette raison que Crédit agricole a lancé un appel à l’État face aux banques « low cost » qui proposent des offres assimilables à une concurrence déloyale.

Lors d’une interview, le directeur général de Crédit agricole S.A. n’a pas hésité à se faire entendre face aux pratiques commerciales des banques « low cost », qui sont préjudiciables au secteur bancaire.

En effet, ce haut responsable a sollicité l’intervention de l’État dans le partage des coûts liés aux infrastructures de paiement. En d’autres termes, le directeur général de Crédit agricole S.A souhaite que les nouveaux entrants sur le marché (les banques « low cost ») participent aux charges engendrées par la mise en place des infrastructures de paiement.

Les grandes banques refusent que les petites banques en ligne profitent gratuitement des externalités positives dégagées par ces investissements. C’était dans cette optique que Philippe Brassac, président de la Fédération Bancaire Française (FBF), s’est exprimé en déclarant que :

Je pense qu'il est temps que les autorités se rendent compte qu'on ne peut pas laisser s'installer durablement des acteurs qui font la promotion de services dont ils ne paient pas les infrastructures

.

La situation devient de plus en plus insupportable pour certaines banques comme LCL. Elle a dû faire face à une baisse d’activité car le compte courant en ligne que les banques « low cost » proposent est offert avec une carte de paiement presque gratuite.

Il y a des préjudices

Plusieurs banques de détail françaises se plaignent car elles subissent une concurrence déloyale à cause de l’apparition des petites banques en ligne qui lancent des services de paiement à prix bradés.

Les services les plus touchés sont les distributeurs de billets, les transferts de fonds ou les centres de paiement. La guerre sur les prix tend à fragiliser le secteur bancaire.

Je trouve extrêmement destructeur pour le système de laisser s'installer l'idée que des acteurs pourraient accessoirement commercialiser par exemple des cartes bancaires très peu chères et finalement n'assumer aucune prestation d'architecture.

Philippe Brassac.

D’un autre côté, le dirigeant du Crédit agricole S.A. pense qu’une action de coordination de l’État est indispensable pour régler ces problèmes. Les acteurs dans le secteur bancaire aspirent à des mesures similaires à celles réalisées par le gouvernement dans le domaine de l'énergie ou de la télécommunication.

En effet, le système de fixation des tarifs d'utilisation selon les coûts d’investissement dans les réseaux de distribution et de transport d’énergies a été une réussite dans la recherche de l’équilibre entre les intérêts de chaque acteur.

La régulation de la concurrence est de mise

Le développement des infrastructures liées à la nouvelle technologie a engendré une ruée vers le marché des paiements en ligne.

À titre d’exemple, Carrefour Banque a créé sa propre carte bancaire utilisable dans les grandes surfaces Carrefour ; la banque BNP Paribas a racheté le Compte-Nickel à un prix audacieux ; N26, une start-up allemande, commence à conquérir toute l’Europe avec ses offres à prix abordables.

En clair, le paiement en ligne commence à dominer le marché et vue l’intensité de la concurrence, des actions de régulation sont indispensables pour ne pas déstabiliser le secteur bancaire. La concurrence ne se limite pas aux banques de détail mais s’élargit aussi vers les Banques populaires, les Caisses d'Epargne et les Banques postales.

Ainsi, la guerre des tarifs risque de faire effondrer les revenus d’intérêt des établissements financiers. La loi Macron a indéniablement revitalisé la concurrence car la mobilité bancaire était une bouffée d’air frais pour les particuliers qui voulaient changer de banque dans le but de réduire leurs coûts de détention de compte courant.

En plus, par rapport aux autres utilisateurs dans les pays occidentaux, les Français sont encore un peu frileux quant à l’adoption des paiements 100% en ligne.

Choisir la Meilleure Banque

Comparez gratuitement et sans engagement plus de 160 banques en ligne et réseau en moins de 1 minute. Economisez jusqu'à 300€ sur vos frais bancaires

economisez jusqu'a 300€ sur vos frais bancaire
je trouve ma banque

Archives

back top