La crise liée au coronavirus a amélioré l’inclusion financière dans le monde
Du point de vue du secteur financier, le Covid-19 a renforcé une tendance qui s’est déjà affirmée depuis 2011. Ainsi, 71 % des adultes dans les économies en développement possèdent aujourd’hui un compte bancaire, d’après le Global Findex 2021. Sur le plan planétaire, cette proportion a été évaluée à légèrement plus de trois quarts.
La Banque mondiale a présenté l’édition 2021 de sa base de données baptisée Global Findex. En dépit de la situation instaurée par la crise sanitaire, montre-t-elle, l’ inclusion financière s’est affermie autour du globe.
Le président de l’institution financière, David Malpass, indique que ce concept a gagné en importance grâce à plusieurs facteurs. Il cite notamment l’insécurité alimentaire, l’affaiblissement du développement économique et l’envolée significative des prix à la consommation. L’économiste américain explique que l’inclusion financière représente un enjeu primordial permettant de constituer une épargne et de supporter les crises. Cette possibilité est offerte même aux ménages les plus vulnérables, précise-t-il.
Des inégalités subsistent
L’inclusion n’arrive toutefois pas à résoudre à elle seule les contrastes et le stress financier qui persistent dans le monde. Global Findex révèle que 1,4 milliard d’adultes n’ont, jusqu’à présent, pas réussi à ouvrir un compte bancaire. Un sur deux d’entre eux habite dans sept pays uniquement : Nigéria, Égypte, Bangladesh, Indonésie, Pakistan, Inde et Chine.
La transformation numérique et la pandémie qui l’a accélérée ont aussi engendré une forme d’inégalité dans les économies développées. Maintenant, des prestations d’une agence bancaire sont offertes en quelques secondes par :
- Les start-ups spécialisées dans les nouvelles technologies financières ;
- Les acteurs financiers sur Internet.
Cependant, la digitalisation facilite donc la vie des uns tout en compliquant celle des autres. La disparition de ces bureaux physiques, comme celle des distributeurs automatiques de billets, devenant un facteur d’exclusion pour :
- Les résidents des zones en campagne ;
- Les personnes en âge avancé.
Le Global Findex 2021 enseigne aussi que le genre sort peu à peu de la liste des facteurs d’exclusion. L’inégalité entre les femmes et les hommes a diminué pour la première fois durant cette décennie. Près de sept femmes sur dix (68 %) disposent d’un compte bancaire, contre 74 % pour les hommes. Le décalage est tombé à 6 points de pourcentage l’année dernière dans les économies en développement. En 2020, il s’établissait à 9 points de pourcentage.
La bancarisation s’est amplifiée au cours des dix dernières années
Parmi les pays développés, le paiement digital s’avère pratiquement universel, tant pour les femmes que pour les hommes. Dans les économies en développement, en revanche, une disproportion perdure. Les hommes titulaires d’un compte bancaire sont plus enclins à effectuer un paiement électronique (par environ 6 points de pourcentage). En dépit du développement des transactions digitales, aucune amélioration n’est constatée sur ce plan depuis huit ans.
La Banque mondiale confirme aussi que les paiements électroniques se sont multipliés grâce à la pandémie et ses nombreux confinements. Cette progression a surtout été observée dans les Caraïbes et en Amérique latine. Dû à cette évolution, environ 66 % des adultes autour du globe obtiennent ou réalisent dorénavant un paiement en ligne.
La bancarisation s’est, en outre, amplifiée entre 2011 et l’an passé. Le pourcentage de détention d’un compte courant en 2021 a été estimé à 76 % pour les adultes. Il a augmenté de 25 points comparativement à celui de 2011. Cette bancarisation se situe particulièrement en Chine et en Inde, mais s’élargit actuellement à de plus en plus de pays.
En somme, la crise sanitaire a, de manière certaine, accentué les transformations de l’écosystème financier.