Quelle banque choisir pour lutter contre l’urgence climatique ?

Mains choisissant une carte de crédit

Certaines banques seraient en partie directement responsables du réchauffement climatique, via leurs choix d’investissements. Ce lundi, l'ONG Reclaim Finance a mis en ligne un site internet pour inciter les citoyens à éventuellement changer de banque.

Les banques peuvent-elles limiter le réchauffement climatique ? Oui, selon l'ONG Reclaim Finance. D’après elle, la majorité des banques traditionnelles ont un impact négatif sur l’environnement. Du fait de leurs choix d’investissements ou de financements en France et à l’étranger, elles sont notamment responsables d’émissions de gaz à effet de serre importantes.

Selon une étude de l’association Oxfam France, publiée en octobre 2020, l’empreinte carbone des grandes banques françaises représente environ 8 fois les émissions de gaz à effet de serre de toute la France. Pourtant, inciter les citoyens à changer de banque pour choisir un établissement plus vert, Reclaim Finance a mis en ligne ce lundi la plateforme « Change de banque ». Ce site internet dresse un classement des établissements bancaires, en fonction notamment des investissements faits dans les énergies fossiles. Banques traditionnelles, banques en ligne, néobanques... quelle banque est la plus “climaticide” ?

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Les bons élèves : La Banque Postale, le Crédit Coopératif, Helios et GreenGot

Si aucune banque n’est parfaite, l’ONG précise toutefois que « quatre alternatives sortent du lot et offrent des garanties crédibles sur leur volonté de répondre à l’urgence climatique. » Parmi ces banques recommandées, on retrouve le Crédit Coopératif, la Banque Postale et les “néobanques” Helios et GreenGot.

En revanche, BNP Paribas, Crédit Agricole ou encore Société Générale sont pointées du doigt car elles continuent de financer de nouveaux projets d’énergies fossiles. Même si, comme toutes les grandes banques françaises, elles ont rejoint la Net-Zero Banking Alliance, ayant pour objectif de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici à 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

D’après le dernier rapport Banking on Climate Chaos, soutenue par plus de 500 ONG dont Reclaim Finance, “les banques françaises ont alloué plus de 350 milliards de dollars aux énergies fossiles entre 2016 et 2021, dont 130 milliards aux 100 entreprises développant le plus de nouveaux projets d’énergies fossiles”.

Les banques traditionnelles ont un rôle déterminant à jouer

« Le vrai impact sur l'environnement ne peut venir que des banques traditionnelles, qui représentent une partie écrasante du marché », témoigne auprès des Echos le consultant de chez Sia Partner, Florent Noclercq. Pour sa part, Reclaim Finance interpelle les citoyens qui ont un poids important sur la politique menée par les banques : « vous pouvez faire bouger les choses en refusant d'être complice de leurs financements climaticides et en contribuant au mouvement global visant à convaincre le secteur financier de se mettre enfin au service du climat ».

Aujourd’hui, les banques ne semblent pas avoir encore pris la pleine mesure de la situation. « Aucun établissement ne se démarque réellement, explique Florent Noclercq. Ce n'est qu'une fois que la majorité des clients en feront une priorité et qu'ils prendront véritablement conscience des écarts entre les enseignes que la mobilité bancaire, déclenchée pour respecter leurs convictions personnelles, montera en puissance ».

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