Des fintechs françaises souhaitent faciliter les procédures de demande d’avance sur salaire

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Un français sur cinq dépasserait son découvert autorisé chaque mois d’après les chiffres présentés par un site de comparaison. Une statistique inquiétante et qui ne devrait pas aller en s’améliorant compte tenu de la conjoncture actuelle et de l’éventuelle vague de licenciements à venir. La solution la plus adaptée semble être l’acompte, mais cette alternative peut aussi être préjudiciable financièrement aux entreprises.

Les comptes dans le rouge peuvent être de véritables fléaux pour la vie professionnelle d’un salarié. Lorsque ce dernier éprouve des difficultés financières en milieu de mois, il se retrouve dans l’obligation de dépasser son découvert. D’ailleurs, c’est le cas d’environ 20 % des Français selon une récente étude d’un comparateur de frais bancaires.

Et cette condition peut coûter cher aux salariés, ne serait-ce que de citer les intérêts pouvant aller jusqu’à 72,50 euros. Mais Rosaly, Salto et Stairwage ont peut-être trouvé la solution à ce problème : les acomptes. Cette alternative était déjà envisageable dans de pareilles situations, mais la procédure constituait un frein.

Une alternative potentiellement préjudiciable aux entreprises

Si un travailleur souhaite bénéficier d’une avance sur son salaire, il en a le droit, car c’est la juste rétribution des tâches qu’il a effectuées jusque-là. A priori, la procédure est simple comme l’explique le CEO de Salto, Kevin Ansiau :

Pour un acompte, il faut aller voir son employeur et donc lui parler de ses problèmes d'argent, envoyer un recommandé avec accusé de réception qui coûte quatre euros et ensuite attendre plusieurs jours le versement de l'acompte.

Kevin Ansiau.

Cependant, c’est assez difficile à gérer en interne. En effet, les demandes sont traitées manuellement, le responsable des Ressources Humaines d’une société doit d’abord vérifier que le salarié en question s’est bien rendu au travail lors des 15 premiers jours du mois.

Puis, il doit effectuer le virement et ne pas oublier de consigner cette avance sur salaire à la fin du mois. Sinon quoi, l’acompte pourra avoir un impact financier pour l’entreprise.

En outre, dans le cas d’un oubli du RH et de ses associés, le demandeur recevrait ainsi intégralement sa paie à la fin du mois, ce qui pourrait nuire à la trésorerie de la société. À ce jour, aucun logiciel n’est encore à 100 % fiable pour qu’on lui délègue cette tâche, le mieux reste de traiter les demandes à la main.

Des applications pour faciliter les demandes et éviter l’abus

Les acomptes peuvent ainsi être préjudiciables à une entreprise, ce qui peut expliquer la réticence de certains employeurs à l’octroyer. Mais les trois fintechs françaises Stairwage, Rosaly et Salto tendent à trouver un terrain d’entente entre les deux parties grâce à leurs applications.

Les plateformes demandent aux enseignes de fixer le nombre d’acomptes possibles et affichent sur son interface le salaire de l’employé en temps réel. L’application émet également des avertissements dans le cas d’un recours abusif à cette alternative. Le CEO de Salto indique à ce sujet :

Nous pouvons envoyer des alertes à un salarié en lui indiquant qu'à telle date, il n'a plus que 200 euros à dépenser, car dans deux jours il sera prélevé de son assurance auto et de son abonnement à Internet.

Kevin Ansiau.

Le projet n’en est encore qu’à ses prémisses, mais les dirigeants des trois Startups espèrent pouvoir être d’une plus grande aide aux salariés à l’avenir. Arbia Smiti Rosaly confie qu’elle espère qu’une nouvelle fonctionnalité sera bientôt disponible sur les applications. Un service qui pourrait mieux accompagner les utilisateurs en leur conseillant de changer ou de retirer, par exemple, un abonnement.

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