Données bancaires : un semblant de confidentialité

Carte de crédit sur un clavier et un cadenas

La célèbre maxime « Big Brother is watching you » tirée du roman 1984 de George Orwell est-elle en passe de se concrétiser ? En effet, nous vivons une époque où l’information est devenue une marchandise à part entière et se négocie à prix d’or, ainsi le doute est permis. Et les données bancaires sont les plus exposées et les plus convoitées. Les particuliers sont donc en droit de se demander si celles-ci sont bien à l’abri… ou pas.

La révolution numérique a aussi ses inconvénients

Que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou des sites de e-commerce, les particuliers partagent régulièrement des informations personnelles sur Internet. Il peut s’agir d’informations anodines (les préférences culinaires, les goûts vestimentaires, la géolocalisation, etc.), mais également d’informations plus sensibles telles que les coordonnées bancaires.

Des journalistes américains se sont penchés sur les pratiques de Yodlee qui a fait du commerce des données son domaine d’activités. À première vue, les données sont récoltées par le courtier via des cartes bancaires de manière tout à fait légale, mais leur niveau de confidentialité suscite une certaine suspicion.

En effet, les données bancaires stockées par le courtier américain ne bénéficient que d’une protection sommaire et les identités des individus auxquels sont associées ces données sont loin d’être anonymes. Pour peu qu’ils disposent de moyens suffisants, ceux qui souhaitent y accéder ont la capacité d’identifier de manière précise chaque client, quand bien même Yodlee s’évertuerait à crypter les noms et les adresses e-mail.

Plus grave encore, le courtier est soupçonné de revendre les informations à des établissements financiers ou à des sociétés d’investissement et de recherche, sans le consentement de leurs titulaires.

Ce genre de situation est-elle encore tolérable, notamment en France ? Ce genre d’acteur a-t-il encore le droit d'exploiter ces données à son profit ?

Important À l’heure du RGPD, les individus sont les seuls à pouvoir disposer de leurs informations personnelles, et cela inclut les données transactionnelles.

Les agrégateurs de comptes présentent-ils un risque pour les clients ?

Avec la révolution numérique et l’assouplissement des lois concernant la mobilité bancaire, un nouveau corps de métier est apparu : l’agrégateur de compte.

Il s’agit d’une plateforme qui propose au client titulaire de plusieurs comptes répartis dans différents établissements de les regrouper en un seul lieu et de les gérer de manière simultanée via une application mobile dédiée.

Important Le principal danger pour le client est qu’il se retrouve contraint de fournir ses données bancaires à un « tiers » dont la politique de confidentialité suscite encore quelques interrogations.

Et comme il s’agit, dans la majorité des cas, de transactions qui se déroulent en ligne, les risques de piratage sont d’autant plus élevés.

Un risque auquel s’exposent également les clients des néobanques et autres banques en ligne qui, d’ici 5 ans, vont réunir plus d’une centaine de millions d’usagers...

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