Les États-Unis s’essaient enfin au paiement sans contact
Depuis peu, les métros de New York et de Boston testent des terminaux de paiement sans contact avant de les mettre officiellement en service. À travers cette démarche, les banques américaines cherchent à séduire les consommateurs et à démocratiser ce système méconnu dans le pays. Ainsi, Chase et Bank of America proposent désormais des cartes sans contact à leur clientèle.
Revendiquant souvent son statut de pionnier dans différents domaines, les États-Unis accusent un retard considérable par rapport au reste du monde concernant le paiement sans contact. Au Canada par exemple, la majorité des transactions sont actuellement effectuées avec une carte sans contact. Le taux de pénétration de ce mode de paiement connaît également une hausse notable en Europe.
En revanche, dans les magasins et les restaurants américains, le client doit encore apposer sa signature sur le reçu ou utiliser sa carte magnétique à la caisse. D’ailleurs, les banques du pays n’ont généralisé la production de cartes à puce et leur distribution aux usagers que depuis quelques années.
Un coût amorti par le nombre de transactions
En parallèle avec les expériences menées à New York et Boston, les grands réseaux bancaires américains commencent à adopter le sans contact. Visa, par exemple, a annoncé en mai dernier que 80 % des plus grands détaillants du pays permettent désormais d’effectuer un paiement sans contact. De plus, 11 émetteurs de cartes sur 25 proposent des solutions sans contact.
Pour rappel, Visa est le leader incontesté des cartes de paiement aux États-Unis. La société comptabilise en effet près de 60 % des montants dépensés dans le secteur à l’échelle nationale.
Chase Bank, pour sa part, a annoncé que cette année, elle introduirait le sans contact pour les cartes remplacées à échéance et celles de ses nouveaux clients. Enfin, Bank of America vient de mettre en place un programme spécifique en vue de remplacer 4 millions de cartes au sein des plus grandes métropoles du pays.
Selon les explications fournies par Bank of America à PaymentsSource :
« Le coût de production d'une carte sans contact est plus élevé que celui d'une carte traditionnelle, mais nous espérons qu'avec même une augmentation modeste du nombre de transactions par carte, le mouvement vers le sans-contact s'autofinance ».
D’après une étude réalisée récemment par A.T. Kearney, les banques américaines pourraient gagner jusqu’à 2,4 milliards de dollars en 5 ans grâce aux transferts de cash vers les cartes sans contact.
Une conversion tardive mais prometteuse
Depuis environ 3 mois, les usagers du métro de New York ont la possibilité de payer sans contact avec un téléphone ou une carte bancaire. En effet, l’opérateur en charge du réseau new-yorkais expérimente actuellement des bornes dédiées à ce mode de paiement. Pour l’instant, le test ne concerne que trois lignes. Néanmoins, la ville envisage de généraliser l’utilisation du sans contact dans un avenir proche.
À Boston, les gestionnaires du métro ont également prévu un plan d'investissement conséquent pour développer le paiement sans contact dans toute la ville. D’après les analystes, ces initiatives devraient permettre de familiariser les consommateurs américains avec cette nouvelle forme de paiement. Comme le soulignait A.T. Kearney dans une étude datant de 2018, reprise par Les Échos :
« Comme cela l'a été pour d'autres pays, le paiement sans contact dans les transports devrait être un catalyseur pour un usage plus large des cartes sans contact aux États-Unis ».
Jusqu’à présent, plusieurs grandes enseignes du pays telles que Walmart se montrent encore assez réticentes. Costco, en revanche, a déjà lancé une carte en collaboration avec Citi. Autrement dit, les opérateurs économiques américains sont progressivement conquis par ce système.
Une fois entré dans les mœurs, le sans contact devrait se démocratiser rapidement aux États-Unis, comme le souligne Visa. En effet, dans 50 pays, le taux de pénétration de ce moyen de paiement a augmenté de près de 10 points en seulement une année.