Plus de 50 banques ont décidé de geler leurs tarifs en 2019
Conformément aux engagements qu’elles ont pris suite au mouvement des Gilets jaunes, 52 banques ont décidé de ne pas appliquer les hausses de prix prévues pour cette année. C’est ce que révèle une étude du cabinet Sémaphore Conseils pour le CCSF (Comité consultatif du secteur financier). Certains établissements communiqueront prochainement leurs nouveaux tarifs.
Il s’agit d’une première en termes de tarifs bancaires. En 2019, la plupart des grands groupes bancaires français ont renoncé à revoir leurs prix à la hausse. Des augmentations étaient pourtant bien prévues dans les nouvelles grilles tarifaires qu’ils ont publiées au début de l’année.
Ces établissements bancaires respectent ainsi la promesse de gel de tarifs faite le 11 décembre 2018, alors que le gouvernement cherchait à doper le pouvoir d’achat pour satisfaire les revendications des Gilets jaunes. Au 5 janvier dernier, les principaux tarifs bancaires étaient stables, voire en baisse. À noter que ceux-ci concentrent 98 % des comptes courants.
Hausse des tarifs toujours probable
Les consommateurs ne sont pour autant pas à l’abri d’une hausse des frais bancaires cette année. En effet, sur les 109 enseignes observées par Sémaphore Conseils, 50 n’ont pas encore communiqué leurs tarifs 2019. À titre d’exemple, la mise à jour des tarifs pour Crédit Mutuel est effectuée traditionnellement au 1er juillet tous les ans.
Par ailleurs, l’étude du cabinet porte essentiellement sur 14 principaux éléments tarifaires tels que les frais de carte bancaire, les frais de prélèvement, l’assurance perte ou vol, etc. En outre, rien n'interdit les banques d'inclure dans leurs grilles de nouvelles lignes tarifaires. Le fondateur de Sémaphore Conseils, Laurent Trichet, a rappelé :
« Ces dernières années, lorsque les frais d'incidents de paiement ont été plafonnés, on a par exemple vu apparaître des frais liés à l'envoi de courrier lorsque surviennent ces incidents ».
Laurent Trichet.
À ce niveau, l'apparition de nouveaux prix s’en tient à la facturation du virement instantané, note-t-il.
Des lignes tarifaires stabilisées ou en baisse
La Banque Postale a renoncé à augmenter de 10 % ses frais de tenue de compte. Ils sont ainsi maintenus à 12 euros par an. De manière plus générale, les établissements stabilisent les coûts des virements SEPA en zone euro, des cartes bancaires internationales à débit immédiat ou encore des retraits en euros au niveau d’un DAB d’un établissement concurrent. Marie-Anne Barbat-Layani, s’est félicitée :
« Engagement pris, engagement tenu ».
Marie-Anne Barbat-Layani.
La Directrice générale de la FBF (Fédération bancaire française) a d’ailleurs souligné que les services financiers ne représentaient que 0,4 % des charges des ménages.
Pour leur part, les frais des prélèvements, des cartes bancaires internationales à débit différé, des abonnements permettant la gestion de comptes sur Internet ou encore des alertes concernant la situation d’un compte par SMS ont enregistré une baisse de 0,12 % à 16,59 %.