Le secteur bancaire s’interroge sur la pertinence de la politique monétaire de la BCE
La politique européenne concernant le secteur bancaire soulève un bon nombre d’interrogations, de la part des établissements financiers qui dépendent de la BCE et des observateurs notamment. Entre le taux négatif et le plan de refinancement des banques, l’appel à l’ouverture du marché et le renforcement de la réglementation, l’invitation à un changement de modèle et l’appréhension de ses conséquences sur l’emploi… Les analystes notent de nombreuses contradictions.
Le paradoxe du taux négatif et du plan de refinancement
Il y a encore quelques mois, la Banque centrale européenne avait fait preuve d’enthousiasme concernant le dispositif de taux négatif sur les réserves excédentaires des établissements bancaires.
Elle paraît toutefois plus mesurée sur le sujet, d’après les derniers avis émanant de son président. D’autant plus avec la présentation des conditions de mise en œuvre du prochain plan de refinancement des banques à long terme, qui en est à sa troisième série.
Pour les analystes, cette contradiction soulève des interrogations. Le fait est que la BCE offre aux banques un taux de refinancement de 0 % et applique un taux nominal négatif de -0,4 % sur leurs réserves excédentaires.
Important En d’autres termes, les banques ont accès à des liquidités quasiment gratuites, mais optent pour un dépôt à la BCE qui ne leur rapporte rien au final.
D’où la question : pourquoi laissent-elles dormir l’argent au lieu de le prêter, alors que c’est leur métier ?
En allant plus loin dans l’analyse, force est pourtant de constater que les banques ont toujours continué à financer l’économie. L’envolée alarmante du niveau d’endettement des ménages et des entreprises le prouve.
Le véritable problème se situe ainsi au niveau de la demande qui n’arrive apparemment pas à absorber l’offre de prêts.
De nombreuses incohérences
Important Autre incohérence rapportée par les analystes : la volonté affichée de la BCE d’ouvrir le marché bancaire à de nouveaux acteurs.
Le discours de l’institution affirme en effet qu’
avec l’arrivée des fintechs, les ménages et les entreprises gagneront en pouvoir d’achat grâce à la baisse des frais bancaires qui va en découler.
En parallèle cependant, la BCE renforce la réglementation à l’entrée sur le marché bancaire. En plus d’être plus élevé, les fonds propres obligatoires sont peu rémunérateurs.
Par ailleurs, les autorités financières encouragent les banques à changer de modèle, notamment en procédant à une réduction de leurs coûts.
Elles trouvent également que le secteur compte plus d’établissements et de personnes que nécessaire. La fermeture d’agences s’imposerait ainsi comme la stratégie à adopter. Mais alors, quels seraient les impacts d’une telle mesure sur l’emploi et les territoires ?
Toutes ces contradictions entretiennent actuellement le flou sur les perspectives de développement des établissements bancaires européens.