Incidents bancaires : la nécessité de renforcer la protection des clients fragiles
Depuis plusieurs années, le gouvernement tente de mettre en place des dispositions susceptibles de protéger le mieux possible les personnes financièrement fragiles face aux frais d’incidents bancaires. Pour bon nombre d’établissements, ces pénalités constituaient une manne financière non négligeable, ce qui les poussait parfois à pratiquer des tarifications abusives. Le gouvernement préconise, entre autres, un plafonnement généralisé.
L’offre spécifique tarde à faire des émules
Pour le gouvernement, la loi de 2013 qui a donné naissance à « l’offre spécifique » devait être une bouée de sauvetage pour les 3,4 millions de personnes répertoriées comme présentant une grande fragilité bancaire. Cinq ans plus tard, l’offre n’intéresse encore que très peu de clients.
Selon les données publiées par l’observatoire de l’inclusion bancaire, « à la fin de l’année dernière, l’offre spécifique ne comptait que 384 000 souscripteurs », ce qui fait tout de même une augmentation de +9,4 % par rapport à 2017.
Important Pour rappel, cette offre prévoit de donner aux personnes les plus en difficulté l’accès à un service basique, moyennant des frais bancaires n’excédant pas les 3 euros mensuels. La souscription à cette offre leur garantit des frais d’incidents moins onéreux.
Des efforts ont été faits, mais restent insuffisants
Outre l’offre spécifique, le gouvernement, sous la houlette du Président Macron, a adopté plusieurs mesures afin de limiter la tarification abusive pratiquée par certains établissements. D’ailleurs, quelques-uns d’entre eux ont fait l’objet de plaintes de la part d’associations de consommateurs en raison de leurs prix excessifs.
Important L’une des mesures adoptées par le gouvernement a été de plafonner les frais d’incidents bancaires à 20 euros par mois et 200 euros par an pour les bénéficiaires de l’offre spécifique.
Constatant la grogne des consommateurs, le gouvernement a consenti à un effort supplémentaire, étendant la portée de ladite mesure à l’ensemble des personnes considérées comme fragiles (les 3,4 millions de clients évoqués précédemment), sauf que, cette fois, le plafond a été ramené à 25 euros par mois et 300 euros par an.
De l’avis de l’observatoire d’inclusion bancaire,
les clients en difficulté continuent de payer le prix fort, à savoir 300 euros en moyenne par an.
Pour cette année, l’observatoire table sur des frais beaucoup moins élevés, mais à condition que la deuxième vague de mesures adoptées porte ses fruits et que les autorités se montrent plus sévères envers les banques malintentionnées.