Hausse significative des frais bancaires en 2020 avec la fin du gel des tarifs
Fin 2018, à la demande de l’Exécutif, les banques s’étaient engagées à renoncer à la hausse de leurs tarifs en 2019. Mais à moins d’un mois de la fin de l’année, l’examen des grilles tarifaires pour 2020 des plus grandes enseignes montre une hausse généralisée. Et force est de constater que les augmentations prévues ne seront pas légères.
Des hausses nécessaires pour compenser la perte de revenus de 2019
Selon les principaux acteurs du secteur bancaire,
« Le gel des tarifs consenti l’an dernier a lourdement impacté leur bilan 2019 ».
Ils soulignent notamment
« Une forte diminution de leurs commissions consécutive au plafonnement des frais d’incidents bancaires ».
Or, leurs marges étaient déjà mises à mal par la faiblesse des taux d’intérêt des crédits.
Sous la pression d’une concurrence toujours plus intense, et avec le maintien de la politique monétaire accommodante de la BCE, les prêts immobiliers se négocient actuellement à 1,13 % en moyenne toutes durées confondues. Enfin, les Français boudent les produits d’épargne comme les livrets et les fonds euros, dont les rendements ont chuté.
Important À partir du 1er janvier prochain, les banques vont donc s’efforcer de compenser, au moins partiellement, la perte de revenus subie cette année.
Mais pas question pour autant de relever tous les frais bancaires sans distinction. Car les clients lassés de payer cher pour les services bancaires peuvent aller voir ailleurs, d’autant que les règles de mobilité bancaire ont été grandement simplifiées. De plus, le choix est large entre les enseignes historiques, les acteurs en ligne et les néobanques, qui misent notamment sur la gratuité pour attirer le chaland.
Des hausses marquées sur les services moins courants
- Ainsi, les fiches tarifaires déjà disponibles montrent une augmentation marquée des opérations ponctuelles (opposition sur chèque, émission d’un chèque de banque…).
- Les usagers devront également se montrer plus vigilants avec leurs moyens de paiement.
- Une hausse de 1,4 % sera appliquée en cas de réédition du code secret de la carte bancaire et elle atteindra à 3,9 % s’il faut produire une nouvelle carte.
Mais même sans incident, les cartes seront plus onéreuses : les détenteurs de Visa et MasterCard devront débourser 1,5 % en plus chaque année tandis que les utilisateurs des modèles Premier et Gold verront la facture grimper de 1,7 %.
Par ailleurs, les banques semblent vouloir décourager les usagers de réaliser des opérations courantes en agence : elles prévoient par exemple de majorer les virements en agence de 2,1 % et 2,6 % selon qu’ils sont permanents ou occasionnels.
Et si les taux d’intérêt des crédits immobiliers devraient rester faibles sans changement de politique du côté de la BCE, les frais de dossier vont très probablement croître en 2020. Fini le système forfaitaire, les prêteurs devraient réclamer un pourcentage du capital souscrit avec un seuil relevé d’environ 6 %.
Enfin, les clients un peu trop volatils seront « sanctionnés » lorsqu’ils voudront changer d’établissement et transférer leurs produits d’épargne. En 2020, le transfert de PEA, PEL, compte-titres ou CEL coûtera environ 5 % plus cher qu’à l’heure actuelle.
Plus que jamais, les clients doivent prendre le temps de comparer et bien choisir leur partenaire bancaire en fonction de leurs besoins.