Allemagne : la baisse du taux de la BCE oblige les banques à facturer les dépôts
La volonté de la BCE de maintenir le taux de dépôt à un niveau négatif (depuis 2016) fait la joie des candidats aux prêts, toutes catégories confondues. Mais certains établissements financiers trouvent cette politique pénalisante pour leurs activités. Ils répondent alors en ponctionnant à leur tour les dépôts dans les comptes appartenant à la clientèle aisée.
Les entreprises et les clients fortunés paient la note
Un peu contraints de proposer des taux bas sur les crédits qu’elles accordent, pour aller dans le sens de la politique de relance prônée par la Banque Centrale Européenne, les établissements bancaires cherchent à en minimiser l’impact.
Une banque allemande a trouvé la parade pour contrebalancer la ponction faite par la BCE sur les réserves excédentaires : appliquer le même taux, à savoir -0,4 %, aux dépôts effectués par les entreprises clientes.
Ladite banque, qui a adopté cette stratégie en 2016, avait décidé de ponctionner uniquement les entreprises.
Important Sauf que les autres banques, qui lui ont emboité le pas, ont étendu cette facturation aux particuliers qui effectuent des dépôts d’une certaine importance (supérieurs à 100 000 euros).
Aujourd’hui en Allemagne, la pratique est devenue courante chez plus d’une centaine de banques. Mauvaise nouvelle pour les entreprises et les personnes susceptibles d’être concernées par cette mesure, d’autres établissements ont fait part de leur intention de suivre le mouvement si la BCE continue à baisser ou à maintenir son taux de dépôt à ce niveau.
Pourtant, selon les observateurs,
« Les probabilités pour que ce scénario se produise sont actuellement élevées, une autre baisse étant d’ores et déjà annoncée ».
Elle pourrait survenir avant la fin de l’année et faire passer le taux à -0,60 %.
Les banques françaises peuvent être tentées d’imiter leurs homologues allemands
Pour l'instant, aucune banque française n'a décidé de taxer les comptes des particuliers, même ceux qui sont particulièrement bien alimentés. Mais le taux négatif sur les dépôts est bel et bien une réalité dans l’Hexagone, et pénalise uniquement les comptes professionnels.
Et si le taux de la BCE continue de dégringoler ainsi, par souci de rentabilité, les établissements hexagonaux pourraient changer leur fusil d’épaule et commencer à pénaliser leurs clients particuliers, soit en augmentant les frais de tenue de compte, soit en taxant les plus fortunés.