Les pertes financières s’accumulent pour les néobanques
Les néobanques connaissent un succès sans précédent, mais comme en témoignent de nombreuses analyses, elles peinent à être rentables pendant leurs premières années d’activités. Un point qui a créé un début d’appréhension quant à leur réelle viabilité. Les autorités financières s’interrogent aussi sur le sujet et annoncent d’éventuelles sanctions si les banques digitales ne redressent pas la barre.
Comme le font remarquer de nombreux observateurs, les enseignes bancaires 100 % digitales sont en plein essor, à un point tel que certaines d’entre elles commencent à faire de l’ombre aux succursales traditionnelles.
Mais en dépit de ce succès apparent, un comparatif néobanque révèle que la quasi-totalité de ces banques de dernière génération accuse de lourdes pertes. C’est notamment dû à leur modèle économique basé sur une tarification avantageuse par comparaison avec leurs homologues physiques.
Cette stratégie a eu pour conséquence de limiter les rentrées d’argent. Pour certaines néobanques, les commissions sur les achats par carte de débit constituent leur principal axe de revenu, et lors du confinement où la consommation a subi un coup d’arrêt, elles en ont fait les frais.
Avoir une grosse base de clients ne suffit plus
La néobanque britannique Revolut détient plus de 10 millions de clients et a enregistré en 2019 un chiffre d’affaires de 162,7 millions de livres sterling, une excellente performance en apparence. Toutefois, leur bilan fait aussi mention de pertes à hauteur de 106 millions de livres sterling, une somme qui a en majeure partie servi à investir dans l’informatique, afin d’améliorer l’expérience client, et dans l’acquisition de clients, via les promotions de bienvenue. D’après l’ACPR :
Dans un environnement fortement concurrentiel, la viabilité des néobanques dépend crucialement de leur capacité à acquérir de nouveaux clients et à les conserver.
À noter cependant que le bilan de Revolut montre qu’acquérir et conserver des clients ne suffisent plus. La néobanque britannique a une base de plus de 10 millions de clients, cela ne l’a pas empêché d’essuyer des pertes.
Le défi pour les banques 2.0 est ainsi tout autre, il s’agit maintenant d’augmenter les revenus pour subsister et être rentable. De nombreuses néobanques l’ont d’ailleurs déjà compris et ont élaboré de nouveaux produits pour intensifier leurs gains.
C’est la famille qui semble être leur nouvelle cible de prédilection en proposant, par exemple, l’ouverture de compte bancaire pour les adolescents. D’autant que cette offre a l’avantage de fidéliser la clientèle sans avoir à dépenser d’énormes sommes dans des campagnes d’acquisition.
Augmenter les revenus
Les investissements dans le service et l’acquisition de client sont très couteux, et pour se maintenir à flot, les néobanques sont obligées de multiplier les levées de fonds, comme ce fut le cas pour N26 et Révolut. Mais en dépit des collectes de fonds, les banques numériques peinent encore à enregistrer un retour sur investissement, une situation potentiellement dangereuse, c’est pourquoi les autorités financières ont été dans l’obligation de réagir. À l’ACPR d’indiquer :
La difficulté à dégager des résultats positifs depuis leur création peut conduire à s'interroger sur leur viabilité.
Il a ainsi été demandé à Monzo de se constituer plus de fonds propres, obligeant la néobanque à augmenter ses collectes. Et Monzo pourrait être le premier d’une longue liste. Cela témoigne de l’importance des néobanques à augmenter leur revenu.
En France, certaines banques de dernière génération ont déjà entamé les grandes manœuvres, outre les offres pensées spécialement pour les familles, elles ont développé de nouveaux produits payants. On peut citer Orange Bank et son assurance pour Smartphone. Un exemple que s’est empressé de suivre Ma French Bank qui a annoncé le lancement de nouveaux produits d’assurance, d’ici la fin de l’année.