Silence inquiétant de la néo-banque Hush depuis l’échec de son ICO
Hush a cessé toute communication et activité un an après son lancement et une levée de fonds qui n’a pas atteint ses objectifs. Depuis juillet 2018, c’est silence radio sur les réseaux sociaux avec des comptes inactifs, voire supprimés. Les tokens des investisseurs ne sont plus utilisables et de nombreux prestataires attendent toujours d’être payés. Quant au fondateur de la néo-banque, il a disparu.
Silence et inactivité depuis l’échec d’un tour de table de 2018
Hush est fondée en mai 2017 au Luxembourg par le Toulousain Éric Charpentier, qui a également lancé la banque à distance Morning quatre ans plus tôt. Sur le papier, le concept de la néo-banque est révolutionnaire, offrant les services bancaires classiques « crypto-compatibles » et l’accès à une communauté qui finance des projets entrepreneuriaux.
Accompagnée par Chaineum, Hush annonce un tour de table en cryptomonnaie en novembre de la même année avec un objectif de 15 à 20 millions d’euros. Finalement lancé en janvier 2018 avec des ambitions financières réduites à 10 millions, l’ICO ne rapporte que 614 000 euros. Les contributeurs se voient remettre les tokens correspondant à leur investissement en juin, à l’issue de la deuxième phase de la levée de fonds.
Après cet échec, Hush twitte pour la dernière fois le 6 juillet, puis cesse de donner des nouvelles, ses propres comptes sociaux comme ceux de son fondateur ayant disparu ou étant inactifs. Les tokens distribués ne sont plus utilisables nulle part et plusieurs factures de prestations commandées par la start-up restent impayées.
Disparition inquiétante après la cessation d’activité de Morning
À l’automne 2018, Max Massat, associé fondateur de la néo-banque et proche de M. Carpentier, affirmait à France 3 que
son partenaire a décidé de s’éloigner de la "pression des réseaux" pour travailler tranquillement.
Max Massat.
Mais le profil professionnel de M. Massat indique maintenant qu’il est « en recherche d’un nouveau départ », ce qui semble signifier qu’il ne travaille plus lui-même dans l’entreprise.
Il faut espérer pour les investisseurs et les prestataires que l’histoire de Morning ne se répète pas. L’Autorité de surveillance des banques françaises (ACPR) avait en effet épinglé la banque en ligne pour avoir puisé illégalement dans son compte de cantonnement, alors que ces fonds bloqués se destinaient à l’un de ses créanciers.
Suite à cette décision, la société avait dû cesser toute activité et son dirigeant avait été écarté avant son l’acquisition en février 2017 par la banque Edel.