Basculer vers une banque en ligne pour réduire ses frais bancaires ?
Le mouvement des Gilets jaunes a poussé le Président à négocier auprès des banques le plafonnement des frais d’incidents pour les clients fragiles à 25 euros mensuels et le gel de leurs tarifs en 2019. Mais l’impact de cette deuxième mesure sur le pouvoir d’achat est limité. Pour véritablement réduire ses frais bancaires, rien ne vaut la mise en concurrence des différents acteurs du marché, notamment ceux en ligne.
Souscription de produits à la carte au lieu d’un package coûteux
Bien que les banques aient accepté de renoncer à l’augmentation tarifaire prévue en 2019, le gain pour les particuliers sera minime. Pour réaliser des économies substantielles, il faut comparer les offres des établissements physiques et à distance.
Ces derniers sont particulièrement intéressants, car de nombreux produits sont gratuits, comme la tenue de compte, la carte de crédit ou les retraits. Et contrairement aux enseignes traditionnelles et leurs packages, des banques en ligne comme Boursorama, ING Direct et autres Orange Bank laissent aux clients le choix des services auxquels ils souhaitent souscrire.
Monabanq se distingue par son offre groupée. Mais même si les cartes prises hors d’un pack sont payantes, leur prix est de 50 % inférieur à celui des concurrents historiques. Par exemple, à 24 euros par an, la Visa Classic coûte 16 euros de moins que dans un établissement ayant pignon sur rue.
Les conditions d’éligibilité progressivement supprimées
Important Dans un contexte de concurrence accrue, beaucoup ont renoncé à conditionner l’ouverture d’un compte gratuit à des revenus réguliers et suffisamment élevés.
- Ainsi, le compte Welcome de Boursorama est gratuit et n’impose aucun minimum de revenus depuis fin 2016.
- BforBank a de son côté diminué à 1 200 euros nets par mois le seuil de revenus exigé pour obtenir la carte classique, alors qu’elle exigeait 1 600 euros.
- Et dès son lancement en fin 2017, Orange Bank a exclu tout critère d’éligibilité pour ses futurs clients, s’inspirant ainsi de Monabanq.
En cas de découvert également, les banques en ligne ne facturent pas de commission d’intervention, sauf Monabanq qui prélève le maximum légal de 8 euros par opération. De même, les taux d’intérêt des agios relatifs à une autorisation de découvert sont généralement inférieurs chez les acteurs en ligne, quand ceux de leurs concurrentes se rapprochent du seuil de l’usure. En revanche, les prélèvements, virements ou chèques rejetés peuvent coûter cher.
Lancement d’offres à distance par les enseignes traditionnelles
Pour le prix, les banques à distance n’ont accès qu’à un service client par mail, par téléphone ou par chat. Et si le client sollicite l’intervention d’un conseiller pour effectuer une transaction réalisable en ligne (virement, commande d’un chéquier…), il doit payer 5 euros chez Boursorama et Fortuneo. Et ces derniers seront de plus en plus difficilement accessibles dans un contexte de restructuration des réseaux du fait de la digitalisation des banques.
Pour concurrencer les pure players, les groupes bancaires traditionnels se mettent au compte à distance. Le Crédit Agricole et la Caisse d’Épargne ont initié le mouvement avec les offres Eko et Enjoy, tandis que La Banque Postale se prépare à lancer Ma French Bank.
Eko et Enjoy reprennent le modèle des néobanques avec leur carte à autorisation systématique et l’impossibilité de découvert, auxquels s’ajoute l’accès à la gamme de produits de leurs maisons-mères. Ce catalogue riche représente un atout indéniable par rapport aux banques 100 % dématérialisées, qui sont limitées sur certains aspects comme le prêt immobilier.
Offre perfectible pour les banques en ligne
Même si toutes les banques à distance, à l’exception d’Orange Bank et de Monabanq, proposent du crédit à l’habitat, la distance complique l’étude de projets complexes.
De plus, la plupart du temps, elles ne prennent pas en charge l’acquisition de terrain nu, la construction ainsi que les financements impliquant des prêts réglementés tels que PTZ.
Elles se rattrapent néanmoins sur les solutions d’épargne avec des livrets et des contrats d’assurance vie au rapport qualité-prix souvent plus attractif que les contrats grand public des établissements historiques et incluant des fonds euros offrant un rendement plus élevé.
Reste l’épargne logement, puisque le PEL et le CEL manquent à l’appel sauf chez Boursorama et Hello Bank!, ce qui empêche le transfert des encours.