Les banques dématérialisées sont-elles l’avenir de la banque de détail ?
Les banques dématérialisées se sont multipliées au cours des deux dernières décennies. Elles doivent essentiellement leur développement et leur popularité à leur stratégie marketing assez agressive et aux innovations technologiques. Ces institutions financières dématérialisées qui proposent des prestations quasi identiques à celles des banques classiques séduisent cependant de plus en plus de consommateurs dans un marché devenu très concurrentiel.
La banque dématérialisée, une banque low cost ?
Les banques en ligne ou mobiles, ainsi que les Fintechs font partie intégrante du paysage bancaire français depuis maintenant quelques années. D’abord réticents à l’idée d’une banque entièrement dématérialisée, les consommateurs ont finalement été séduits et conquis par ces organismes aux pratiques « simplistes ».
Leur succès repose à la fois sur une stratégie de communication plutôt offensive et des services à distance rapides et fiables basés sur la technologie digitale.
Les tarifications très avantageuses représentent sans nul doute leurs principaux atouts. Des prestations gratuites, des primes de bienvenue, des conditions d’ouverture de compte et de crédit moins regardantes constituent également leurs avantages face aux banques classiques.
Une présence marquée dans la banque de détail
La plupart des banques dématérialisées disponibles en France appartiennent à de grands groupes bancaires comme :
- Boursorama affiliée à la Société Générale,
- ING Direct rattachée à ING,
- Fortuneo filiale du Crédit Mutuel Arkea,
- BforBank affiliée au Crédit Agricole,
- Monabanq liée à Crédit Mutuel CM11-CIC.
Mais on retrouve aussi dans le lot quelques start-ups indépendantes et innovantes comme N26 ou Revolut, ou encore des entités bancaires alternatives comme Hello bank! et C-Zam, respectivement affiliées à BNP Paribas et Carrefour Banque.
Ensemble, elles comptent actuellement plus de 4 millions d’utilisateurs dans l’Hexagone et détiennent environ 6,5 % de parts de marché. Elles sont notamment actives dans le secteur de la banque de détail et continuent de gagner du chaland.
Une concurrence de plus en plus marquée dans un secteur peu rentable
Le dynamisme dont font preuve les banques sans agence dans le domaine marketing et commercial en a fait des concurrentes non négligeables pour les banques classiques.
Mais la rivalité entre elles est toutefois notable et il est évident que sans un modèle d’affaires concentré sur le long terme et une stratégie de maîtrise des risques, certaines auront du mal à garder la tête hors de l’eau.
La guerre des tarifs et de la publicité a certes l’avantage d’attirer la clientèle, mais elle pèse lourd dans les finances. En effet, les revenus des institutions dématérialisées sont assez faibles, elles risquent de ce fait d’être pénalisées par les dépenses relatives aux offres commerciales low cost.