BPCE renonce à lancer Fidor dans l’Hexagone
Après plusieurs mois de suspens, le sort de la néobanque d’origine allemande est enfin connu. Elle ne fera pas partie du paysage bancaire français. Le deuxième groupe bancaire dans l’Hexagone préfère miser sur son offre digitale nommée « Enjoy ». C’est ce qu’a révélé le nouveau numéro un du groupe qui réunit les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne (BPCE).
Dans un contexte de digitalisation du secteur bancaire, de nombreuses grandes institutions construisent actuellement des offres adaptées. Puisque le groupe BPCE ne s’est pas engagé dans cette démarche, il a récemment choisi de financer le lancement de Fidor en France, une plateforme d’échange dédiée aux placements. Mais les problèmes d’ordre financier auxquels est confrontée la néobanque ont découragé le groupe.
En effet, deux levées de fonds ont été effectués pour alimenter les fonds propres de Fidor, à raison de 90 millions d’euros. Après plusieurs reports, le réseau décide d’annuler la sortie de la jeune pousse sur le territoire français. Il souhaite se concentrer sur le nouveau compte mobile Enjoy.
Le groupe tente de rattraper son retard en proposant une offre bancaire mobile
Un forum permettant de partager des expériences et des connaissances sur les produits bancaires et financiers… voilà ce qu’est Fidor. Les adhérents sont récompensés à hauteur de leur participation, mais aussi selon l’originalité des solutions qu’ils proposent pour améliorer l’offre bancaire.
Il s’agit d’un concept importé d’outre-Manche que le groupe a prévu de lancer en France l’année dernière. 142 millions d’euros ont été investis dans ce projet en 2016. Mais jusqu’à présent, la Fintech est en proie à d’importantes difficultés financières. La maison mère de la Banque populaire décide d’y renoncer, mais à l’échelle nationale seulement.
La formule Enjoy séduira-t-elle les mobinautes ?
Avec la formule Enjoy, le groupe souhaite se faire une place à côté de la néobanque allemande N26 et de la Fintech Revolut. Le chemin est encore long, d’autant plus qu’une banque à distance propose généralement des tarifs plus attractifs que les deux euros fixés par le groupe. Chez certaines banques digitales, les comptes sont tenus gratuitement.
De plus, les dépassements de crédits peuvent être autorisés. Les banques mobiles favorisent également la mobilité en instaurant une grille tarifaire spécifique pour les clients qui voyagent en dehors de la zone euro.
Développer le compte Fidor à l’échelle européenne
Si dans l’Hexagone, Fidor se limite à l’animation d’une communauté d’entraide axée sur les solutions bancaires, la néobanque compte développer son offre à l’étranger. Les responsables compétents réfléchissent sur la possibilité de mettre en place une stratégie européenne.
Jean-Yves Forel sera chargé de mener à bien ce projet. Le directeur général adjoint du groupe entend tester le potentiel de Fidor dans le reste de l’Europe.