La néobanque Revolut veut s’imposer sur la scène internationale
Quand un chef d’entreprise part en déplacement professionnel aux États-Unis, il peut directement convertir ses livres sterling en dollars américains. Le taux de change appliqué est celui en vigueur et aucun surcoût n’est facturé, grâce aux services commercialisés par Revolut, le nouvel acteur britannique du secteur bancaire. Même s’il se taille davantage de parts de marché en Europe, il doit améliorer son modèle d’affaires pour atteindre une certaine rentabilité.
Effectuer une transaction bancaire à l’international sans payer des commissions, envoyer gratuitement des fonds à ses proches simplement et rapidement… tels sont les avantages que procurent les comptes Revolut. On peut les assimiler à des portefeuilles virtuels qu’il convient de recharger de façon régulière.
ImportantLa Fintech répond principalement aux besoins des usagers qui voyagent souvent à l’étranger et qui subissent la hausse des taux de change. Si ses services bancaires ont déjà conquis 400 000 usagers en France sans publicité ni réseaux de commerciaux, la néobanque ambitionne de répandre son influence pour atteindre 100 millions d’utilisateurs en 2023. Il s’agit d’un défi de taille qui pourrait capter l’attention de l’organe de supervision bancaire.
100 millions d’utilisateurs en 2023
Après avoir obtenu une licence bancaire en tant qu’établissement de monnaie électronique (EME) en Grande-Bretagne il y a deux ans, Revolut s’affirme sur le marché européen. D’ailleurs, ses services sont distribués dans 31 pays.
Mais la Fintech ne compte pas s’arrêter là. Elle projette d’étendre son réseau de couverture jusque dans le continent asiatique, en ciblant notamment le territoire nippon. Finira-t-elle par trouver son équilibre au fur à et mesure des conquêtes ?
Un modèle économique à rentabiliser
Sachant que la néobanque détient aujourd’hui une base de 3 millions de clients sur le Vieux Continent, elle souhaite acquérir 100 millions d’utilisateurs d’ici cinq ans. Avec la vitesse à laquelle elle s’accapare des parts de marché, les établissements bancaires traditionnels pourraient en trembler… ou non.
En effet, lorsqu’il s’agit de comparer néobanque et banque classique, cela revient aussi à comparer leurs business model respectifs. À l’heure actuelle, les nouveaux acteurs peinent à en tirer profit. C’est d’ailleurs le cas de nombreuses Fintech.
Hormis les frais prélevés à l’occasion de retraits dépassant un montant de 650 euros par mois, aucun frais n’est facturé quand l’usager transfert de l’argent sur le compte d’autrui, y compris à l’international. Il en est de même quand le client utilise sa carte bancaire pour réaliser un achat.
Des tarifs compétitifs et des démarches simplifiées
Outre la possibilité de transférer et de régler des achats dans 24 devises différentes sans avoir à payer des frais de change, Revolut se distingue aussi par la simplicité des procédures, en termes d’ouverture de compte notamment.
Il est possible de souscrire un compte bancaire en l’espace de quelques minutes, avec un parcours client entièrement digitalisé. Le client pourra le gérer grâce à une application dédiée téléchargeable sur appareil mobile et l’alimenter via la carte de débit.
Ce concept, qui consiste à dispenser des services sans aucun frais caché, a été importé d’outre-Manche, où la néobanque a séduit 1,3 million de clients. Visiblement, il a attiré de nombreux Français, d’autant plus que Revolut totalise 400 000 clients dans l’Hexagone, une année seulement après avoir implanté son bureau dans la capitale.