Les banques incitent leur clientèle à privilégier les cartes à débit différé
Ces derniers temps, bon nombre d’établissements financiers français poussent les consommateurs à échanger leurs cartes à débit immédiat par celles à débit différé. La raison de cette incitation est logique : ce système de paiement s’apparente à un prêt. Il leur procure, de ce fait, des avantages financiers considérables. La nouvelle régulation DSP2 sur le marché favorise cette situation.
Les cartes à débit différé étaient principalement axées vers les consommateurs les plus aisés à cause de son prix. Elles sont désormais à la portée de tous. Les différents opérateurs sur le marché du paiement ont décidé de diminuer leur coût d’acquisition en vue de favoriser leur attractivité.
Cette baisse de prix est d’autant plus généralisée, car les enseignes bancaires ont compris l’important apport financier de ce produit. En outre, l’application du DSP2, une nouvelle règlementation européenne sur les services de paiement, a renforcé ces avantages.
De bonnes raisons pour les établissements financiers d’inciter voire obliger indirectement leur clientèle à se servir de ce dispositif.
Un service au profit des enseignes bancaires
Depuis un certain temps, les banques invitent fortement les consommateurs à migrer vers les cartes à débit différé. Leurs actions reflètent même une sorte d’obligation.
À titre d’exemple, les clients qui demandent de renouveler leur carte Visa Premier ne bénéficient plus d’une carte à débit immédiat, tel est le cas auprès de la Caisse d’Épargne même pour une première acquisition.
Cette entité assure d’ailleurs que les frais relatifs à l’accès à cet outil de paiement n’ont rencontré aucune augmentation, et argumente par rapport à la gratuité de la prestation.
Selon le spécialiste de la finance, Jean-Jacques Manceau, qui est d’ailleurs responsable d’un site d’expertise dans ce domaine :
D'ailleurs, dans de nombreuses banques les commerciaux ont des objectifs pour pousser le client au débit différé.
Jean-Jacques Manceau.
Les enseignes bancaires appliquent cette stratégie dans l’optique d’en tirer le maximum de profit. En effet, les vendeurs doivent s’acquitter d’un pourcentage du montant des achats réglés par carte à débit différé, auprès leur banque.
Auparavant, cette commission était pareille pour tout type de carte. Depuis 2015 pourtant, elle diffère selon le système de paiement choisi à savoir 0,2% de la somme s’il s’agit d’un débit immédiat contre 0,3% en cas de débit différé.
Un recul général de la tarification
Les banques françaises ont opté pour une réduction générale des frais bancaire liés aux cartes à débit différé en vue d’attirer davantage les consommateurs vers ce service.
Une comparaison des offres bancaires à permis de conclure que cette sorte de crédit occasionne actuellement 43 euros de dépenses annuelles en moyenne, soit 2 euros de plus qu’avec un débit immédiat. Bon nombre d’enseignes financières en France (une quinzaine pour être plus précis) appliquent des tarifs moins onéreux par rapport à la carte en débit immédiat.
D’après un responsable de site comparateur de banques :
Globalement, la cotisation des cartes à débit immédiat augmente alors que celle des cartes à débit différé baisse. Ce n’est pas un coût pour le client mais c’est un revenu additionnel pour sa banque qui cherche donc à rendre la carte à débit différé plus attractive.
En 2015, ce service détenait 30% de part de marché dans le pays. Les analystes prévoient un dépassement des 50% à l’avenir. D’ailleurs, la nouvelle réglementation européenne sur les services de paiement s’est présentée en faveur des entités bancaires.
Ces dernières bénéficient désormais d’une meilleure commission grâce à ce dispositif. De plus, cette régulation a permis à de nombreux opérateurs de se développer dans le secteur. Tel est le cas pour le Compte Nickel et Orange Banque.