Orange Bank, le secteur bancaire se prépare à une prochaine guerre des prix
Le secteur bancaire se prépare à un important chamboulement. Le lancement d’Orange Bank, prévu pour le 2 novembre 2017, fait déjà trembler plus d’un. On observe déjà une politique de riposte chez certains établissements bancaires (traditionnels et numériques) pour faire face à ce nouveau concurrent potentiellement redoutable. Gros plans !
L’annonce faite par la société spécialiste en télécom bouleverse le secteur bancaire : le lancement d’Orange Bank. Cette banque mobile vient s’ajouter à la longue liste d’acteurs bancaires, en concurrence dans un marché déjà fourni. Orange Bank est par ailleurs perçue comme un concurrent redoutable par les acteurs traditionnels.
Ces derniers doivent ainsi s’organiser pour faire face à ce nouvel arrivant. Avant même le 2 novembre (date prévue de lancement d’Orange Bank), certains établissements ont pris les devants et ont révisé leur grille tarifaire.
Une autre solution se présente également pour les banques traditionnelles et les banques en ligne, qui est l’augmentation du coût de certains services, qui échappent à l’œil attentif du client.
Boursorama, Crédit Agricole et les banques en ligne ripostent déjà
Ce qui m'inquiète le plus dans le projet d'Orange, c'est qu'ils ne cherchent pas à gagner de l'argent, ça risque de mettre le marché du particulier particulièrement sous pression.
Dirigeant d’un établissement bancaire français.
Cette remarque d’un dirigeant d’un établissement bancaire français est annonciatrice d’un prochain chamboulement dans le secteur bancaire. Avant même que la nouvelle banque mobile ne soit lancée, la résistance est déjà en place. Récemment, Boursorama a révisé sa grille tarifaire à la baisse, afin de pouvoir s’aligner sur les conditions annoncées par Orange Bank.
Parallèlement, on assiste à une réaction, plus draconienne, des banques en ligne. Le Crédit Agricole compte également rester dans la course avec ses projets de révision.
Si Orange Bank tient ses promesses, la banque mobile s’intéressera aux services bancaires de base, dont l’application mobile, le compte courant et la carte bancaire. Les consommateurs devront ainsi s’attendre à une baisse des prix de ces services pour les grands réseaux bancaires. Ce privilège pourtant réservé aux enseignes bancaires numériques, va s’appliquer à tous.
Serrer le prix d’affichage est une solution pour les acteurs traditionnels
Jusque-là, aucun expert ne peut se prononcer sur l’étendue de la riposte organisée par les acteurs traditionnels du secteur bancaire. En effet, tout dépendra du succès d’Orange Bank et de l’évolution des offres et des tarifs bancaires proposés sur le marché.
En revanche, une chose est sûre : le taux d’intérêt plancher n’est pas vraiment intéressant pour les banques.
Il n'y a pas de grasses marges à rogner : les taux faibles et les coûts de digitalisation affaiblissent les banques de détail. Le fait que quasiment tous les acteurs, même les banques en ligne, ont dû revoir leurs tarifs à la hausse en atteste, fait remarquer un expert bancaire.
Un expert bancaire.
Il serait plus judicieux pour ces acteurs traditionnels de serrer leurs prix d’affichage. En effet, le compte gratuit attire certes de la clientèle mais, ce n’est pas assez. Parallèlement, les établissements devraient continuer le développement des lignes tarifaires moins visibles pour les clients, comme le coût du relevé bancaire, l’envoi d’un chéquier par la Poste ou encore le prix des cartes bancaires.
Dans cette optique, la Banque Postale vient d’augmenter le tarif des relevés de compte envoyés à des fréquences particulières, des autorisations automatiques et des frais de la carte de paiement internationale. Le tarif concernant la tenue des comptes inactifs a même connu une hausse de 10 euros par an.