Les ménages choisissent l’épargne plutôt que la consommation pendant la crise sanitaire
Le niveau d’épargne des foyers français a atteint 27,4 % durant le deuxième trimestre 2020, d’après les dernières données publiées par l’Insee. Ce taux a ainsi augmenté significativement par rapport aux trois premiers mois de l’année. À l’avenir, les consommateurs envisagent d’épargner davantage malgré les exhortations incessantes de Bercy en faveur de l’utilisation des capitaux.
À l’instar de la banque à distance, l’épargne a connu un engouement spectaculaire durant la crise sanitaire. Le taux en la matière a atteint 19,7 % de janvier à mars, puis est passé à 27,4 % entre avril et juin. La consommation, en revanche, a reculé de 5,8 % puis de 11,5 % durant les deux premiers trimestres.
À titre de comparaison, le niveau d’épargne était estimé à 14,9 % l’an dernier. Le phénomène est dû aux conditions particulières du confinement et aux craintes provoquées par la pandémie. Les capitaux ont notamment été accumulés sur le Livret A qui a collecté 22,25 milliards d’euros de janvier à juillet.
Crise de confiance
L’Insee a publié sa dernière enquête sur la confiance des ménages français le 26 août dernier. L’étude a révélé une nouvelle hausse de la proportion de foyers estimant l’épargne indispensable en cette période d’incertitudes. Ce taux a augmenté de 10 % par rapport au mois de juin.
La part des épargnants a ainsi atteint un niveau sans précédent depuis 2014. Selon les analystes, les chiffres actuels commencent à se rapprocher du flux d’épargne record établi en France pendant la crise de 2012. Cette situation est particulièrement problématique pour le ministère de l'Économie qui plaide pour la reprise de la consommation depuis des mois.
D’un autre côté, le sondage cité a constaté une baisse de la part des foyers envisageant d’effectuer des achats importants. Cette proportion a diminué de 4 % par rapport à juillet dernier. Néanmoins, les craintes liées à la progression du chômage ont relativement reculé au mois d’août. La proportion des ménages concernés reste toutefois assez élevée.
En somme, l’exécutif a intérêt à rétablir un sentiment de confiance au sein de la population pour redynamiser l’économie. La démarche se présente comme une véritable gageure pour l’instant, en raison du réflexe d’épargne en période de crise.
Appel à la dépense
Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a déjà évoqué le problème de la surépargne en avril dernier. Selon lui, la France n’a pas besoin de plus d’épargne, mais de dépenses et d’investissements face à la crise du Covid-19. Il s’agit en effet d’une réponse inadaptée à la situation économique actuelle.
Depuis, le ministre a multiplié les déclarations similaires afin d’encourager les citoyens à dépenser et à participer au financement de la reprise économique. Il a de nouveau insisté sur ce point le 24 août 2020, dans Le Figaro. L’appel a même été relancé le lendemain dans un autre journal. Comme l’a souligné le Bruno Le Maire dans Les Échos, le 25 août :
Les Français doivent consommer et investir dans l'économie les 100 milliards d'euros épargnés pendant la crise. Pour cela, je veux leur donner une garantie : les impôts n'augmenteront pas. Par ailleurs, les baisses d'impôts votées seront respectées.
Bruno Le Maire.
Ce montant correspond au financement requis pour le plan de relance gouvernemental post-confinement. Ainsi, Bercy continuera probablement à insister sur l’importance de la consommation pour obtenir satisfaction.