Le groupe Facebook multiplie les projets de systèmes de paiement
À travers Facebook Pay, le géant du Web californien souhaite faciliter le processus d’achat et promouvoir l’utilisation de cryptomonnaie sur le réseau social. Les autorités financières américaines redoutent déjà les problèmes impliqués par ce second point après les débats provoqués par le projet Libra. Le groupe, pour sa part, continue de développer différents dispositifs de paiement en ligne.
Les consommateurs peuvent désormais régler leurs achats sur Internet en recourant aux services d’une banque en ligne, d’une néobanque, d’un prestataire de paiement, etc. Toutefois, cette opération comporte souvent plusieurs étapes affectant la qualité de l’expérience utilisateur (découverte, sélection, paiement...). Facebook ambitionne d’améliorer au maximum ce parcours à travers ses systèmes de paiement pour les réseaux sociaux.
Outre la plateforme éponyme, le groupe californien développe des concepts similaires pour ses autres marques, Instagram et WhatsApp. Pour sa part, l’utilisation de Messenger pour le transfert d’argent entre utilisateurs a été envisagée depuis 2017. Le projet a toutefois été arrêté l’an dernier.
Une cryptodevise redoutée par les pouvoirs publics
Annoncé l’an dernier, le projet Libra a été reçu avec circonspection par les autorités financières aux États-Unis et en Europe. En effet, la devise virtuelle du géant californien semble porter atteinte la souveraineté monétaire des pays se trouvant des deux côtés de l’Atlantique. De plus, les enjeux soulevés par la cryptomonnaie ont une portée mondiale.
Eu égard à sa puissance financière et technologique, Facebook risque de menacer les monnaies nationales avec sa future devise numérique. Cette dernière pourrait même remettre en question le statut du dollar sur les marchés financiers internationaux.
Autrement dit, l’initiative de l’entreprise américaine met en péril l’équilibre de l’écosystème financier actuel. Le groupe ne pourra néanmoins concrétiser Libra sans passer par les premiers régulateurs dans le domaine, à savoir les banques centrales. Ces institutions sont d’ailleurs à la base des projets de la Banque de France dans ce secteur.
La Chine, de son côté, travaille depuis des années sur la création de sa propre cryptomonnaie. Selon les spécialistes, le pays basera sur la blockchain le système d’émission et de transfert de sa monnaie virtuelle. Ce mécanisme a déjà fait ses preuves avec certaines cryptodevises célèbres telles que le bitcoin.
Divers concepts en cours de développement
En attendant la concrétisation du projet Libra, le groupe Facebook poursuit les tests du système de paiement checkout sur Instagram. WhatsApp devrait également lancer des essais de transactions financières sur le service de messagerie instantanée au Brésil et en Inde. À travers ses deux filiales, le géant américain confirme ainsi ses ambitions dans le secteur du paiement et de la finance en général.
L’entreprise a récemment nommé David Marcus à la tête de sa nouvelle division, baptisée Facebook Financial. L’homme d’affaires est notamment connu comme étant l'un des créateurs du concept Libra et un ancien dirigeant de Messenger.
Concrètement, le réseau social cherche à raccourcir et à fluidifier le parcours client depuis la découverte d’un produit jusqu’à son acquisition. Cette opération est encore trop longue et fragmentée pour l’instant. Facebook Pay vise à réinventer cette expérience pour faciliter le quotidien de l’utilisateur.
Enfin, le système pourrait permettre d’effectuer des dons via la plateforme. Selon les experts, le dispositif devrait fonctionner sur le modèle des cagnottes en ligne réalisées pour les anniversaires ou pour financer divers projets. Une formule déjà courante en ce moment.