Les banques classiques s’appliquent à développer une alternative aux agences physiques
Le groupe BPCE a récemment créé la surprise en annonçant l’expérimentation de la fonction de conseillers bancaires indépendants. Ces auto-entrepreneurs permettront à l’établissement de se décharger des coûts de gestion des agences physiques tout en maintenant une certaine proximité avec la clientèle. L’initiative est prometteuse dans un contexte où la banque de détail doit se réinventer complètement.
Il était auparavant indispensable de se rendre auprès d’un établissement bancaire pour devenir client et effectuer des transactions. Avec la banque en ligne, les consommateurs ont la possibilité d’ouvrir et de gérer leur compte à distance. Ils peuvent également réaliser différents types d’opérations bancaires sans se déplacer en agence.
La digitalisation des services représente d’ailleurs un des plus grands atouts permettant à la nouvelle génération de banques de rogner des parts de marché, au détriment des réseaux traditionnels.
Ces derniers ont donc commencé à remettre en question leur modèle reposant sur les agences physiques. Ils travaillent désormais sur une solution alternative.
Une mutation accélérée par la conjoncture
En France, pas moins de 2 000 agences bancaires ont dû être fermées au cours des 8 dernières années. Cette tendance qui s’explique notamment par l’intensification de la concurrence n’épargne aucun établissement. Ainsi, le groupe HSBC a récemment annoncé la suppression de 35 000 emplois à l’échelle internationale.
Par ailleurs, les projections des spécialistes sont loin d’être optimistes pour le secteur bancaire. Selon Sia Partners, la disparition des agences bancaires en France s’accélérera encore à moyen terme. Le cabinet d’expertise estime que près de 15 % d’entre elles fermeront d’ici à 2022.
Jusqu’à présent, ces proportions étaient surtout caractéristiques des pays comme l’Espagne ou encore l’Allemagne. Les banques françaises semblaient encore hésiter à procéder à des fermetures massives de leurs agences. Désormais, elles doivent s’aligner sur leurs homologues européennes.
Néanmoins, les établissements bancaires hexagonaux veulent également préserver leur maillage territorial. De ce fait, ils s’efforcent, individuellement ou conjointement, de développer de nouveaux systèmes de distribution, notamment à travers les agences itinérantes, partagées, etc.
Un effet irréversible de la digitalisation du secteur bancaire
Depuis l’apparition des services numériques, les consommateurs français ont eu tendance à déserter les agences physiques et à se passer de leurs banquiers. En effet, ils ont désormais la possibilité de réaliser tous types d’opérations en ligne ou via des applications bancaires installées sur leur smartphone.
Par exemple, les utilisateurs de ces services peuvent actuellement bloquer leur carte bancaire à distance en cas de perte ou de vol. De même, dans de nombreuses banques, l’intervention d’un conseiller n’est plus indispensable pour demander une modification des plafonds de paiement.
Grâce à ces fonctionnalités pratiques et accessibles, les banques digitales sont aujourd’hui très prisées des Français. De plus, elles se démarquent par leur tarification avantageuse ainsi que leurs nombreux services gratuits. Cette formule rencontre d’ailleurs énormément de succès auprès des plus jeunes.
Confrontées à ce nouveau modèle, les banques traditionnelles semblent moins intéressantes et ont ainsi perdu de nombreux clients. Logiquement, ce phénomène implique une baisse de revenus alors que les agences s’avèrent déjà onéreuses.