Fraude au président, ce qu’il faut savoir pour s’en protéger
Les petites comme les grandes entreprises, ainsi que les collectivités locales et les établissements publics peuvent être victimes de fraude au président. Les montants extorqués se retrouvent par la suite sur des comptes à l’étranger.
Se prémunir d’une fraude au président
Depuis 2010, de nombreux établissements privés comme publics ont été victimes de fraudes au président, c’est-à-dire de faux ordres de virement bancaire. Si auparavant, cette arnaque touchait principalement les entreprises. Désormais, les collectivités locales, les hôpitaux, les services de l’État et les établissements publics ne sont plus épargnés.
Selon la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), le mode opératoire des escrocs est généralement le même. Ils commencent par se renseigner sur leur victime. S’il s’agit par exemple d’une PME, ils s’informent au préalable sur le fonctionnement, les activités et les projets de l’entreprise, et ce, en allant simplement sur le web et les réseaux sociaux.
Ils prennent ensuite contact avec le service comptable de la cible, et se font passer pour le président du groupe ou de la société mère. Le fraudeur instaure alors une relation de confiance à travers quelques échanges par téléphone ou par mail, avant de demander le virement d’une importante somme d’argent sur un compte à l’étranger, à réaliser en urgence et en toute discrétion.
Le virement est souvent requis les veilles de week-ends prolongés, c’est-à-dire ceux qui sont suivis de jours fériés, et parfois avant un congé ou un remplacement de personnel au sein du service comptable.
Face à ce constat, la Répression des fraudes préconise certaines mesures de vigilance. Elle recommande entre autres :
- La prudence dans l’utilisation des réseaux sociaux professionnels et privés, notamment d’éviter de divulguer des informations sensibles sur le fonctionnement de l’entreprise (organigramme, partenaires, activités, etc.) ;
- La sensibilisation du personnel à cette forme d’escroquerie, surtout les stagiaires et les nouveaux arrivants ;
- La mise en place de procédures de vérifications et d’un système de signatures multiples pour les virements internationaux ;
- La sécurisation du système informatique ;
- Une vigilance accrue les vendredis soirs et les veilles de week-ends et de jours fériés, ainsi qu’en période de congés scolaires.
Quelques conseils pour déjouer une tentative de fraude
La méfiance est de mise en cas de demande de virement à réaliser en urgence. Si une telle situation se présente, il convient d’en informer la hiérarchie. Dans tous les cas, il faut faire attention aux notions de « discrétion » et « d’urgence ». Aussi, en cas de doute, exigez toujours à l’interlocuteur un numéro de téléphone fixe et une adresse mail professionnelle pour une vérification des coordonnées.
ImportantLes fraudeurs prétendent généralement être en déplacement, et prétextent n’être joignables que sur leur téléphone mobile. Et surtout, évitez de communiquer des codes confidentiels par téléphone ou par mail.
Si malgré tout, l’escroc parvient à ses fins, la Répression des fraudes recommande l’identification immédiate des « virements exécutés, mandats de paiement ou demandes de paiement en instance ou à venir utilisant les coordonnées bancaires frauduleuses ». Aussi, ne tardez pas à bloquer les coordonnées bancaires frauduleuses, et à porter plainte.