La Nef ambitionne de devenir la première banque indépendante et éthique sur le marché français
Le paysage bancaire en France connaît une légère révolution. Après une trentaine d’années de rattachement au Crédit coopératif, la Nef a pris la décision de prendre son indépendance. La coopérative bancaire a organisé une levée de fonds pour concrétiser son projet. Spécialisée dans le financement de projets durables, elle proposera, à terme, de l’emprunt destiné aux particuliers, une carte bancaire…
La Nef a entamé des démarches auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) pour devenir complètement indépendante. À la fin du mois de juin dernier, elle s’est alors approchée du gendarme français du secteur de la banque. Une demande de licence d’organisme de prêt en son nom propre a été déposée devant l’instance.
Une fois cet agrément acquis, la coopérative de finance solidaire commercialisera de nouveaux services aux particuliers. Elle leur offrira notamment des cartes bancaires et des comptes courants. Cependant, des crédits pour acheter une automobile électrique ou installer des panneaux solaires, entre autres, seront également proposés.
L’organisme financier investit dans des opérations à faible impact carbone
Un membre du directoire de la Nef, Ivan Chaleil, explique que la question environnementale est devenue incontournable. Si bien qu’une décarbonation de leur épargne est considérée comme indispensable. Le cadre souligne que la coopérative de finance deviendra ainsi :
La première banque éthique et indépendante en France.
La Nef se présente déjà actuellement comme la meilleure banque tricolore du point de vue de l’écologie. Le cabinet Carbon4 a révélé que par million d’euros investi, elle rejette 121 tonnes d’équivalent en dioxyde de carbone. À titre de comparaison, la moyenne des établissements bancaires français s’établit à 481 tonnes.
La Nef se distinguera des néobanques vertes à l’instar de Green-Got, OnlyOne Helios, etc. Ces établissements exercent leur activité en tant qu’organismes de paiement. Le tout en apportant à leurs clients des moyens pour verdir leur épargne et leurs dépenses. Rien ne peut en revanche attester de l’étanchéité totale entre :
- Les fonds déposés par le grand réseau de tutelle ;
- Ceux déposés par la néobanque.
À noter que ces entreprises sont de surcroît adossées à des banques traditionnelles pour pouvoir assurer des dépôts
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La Nef veut se détacher de son établissement bancaire d’affiliation
Selon Ivan chaleil, la Nef a vu sa taille s’agrandir de deux fois depuis 2019. Son bilan dépasse à présent le milliard d’euros, confie le dirigeant. Le nombre de clients de l’établissement financier s’établit quant à lui à 80 000, parmi lesquels 4 000 professionnels. L’on retrouve notamment parmi ces derniers :
- La marque de baskets issues de commerce équitable et écologiques Veja ;
- La société Biocoop, spécialisée dans la distribution de produits alimentaires.
Le membre du directoire de la coopérative bancaire confie qu’ils sont arrivés à un tournant dans leur histoire. Il poursuit qu’ils se sont mis d’accord avec le Crédit coopératif qu’ils pouvaient prendre leur indépendance. Jusqu’à maintenant, la Nef était rattachée à cette banque depuis 34 ans pour mener ses activités :
- D’attribution de prêts ;
- De collecte d’épargne.
Le Crédit coopératif se présentant comme l’organisme bancaire le plus proche de ses valeurs. Pour se libérer de la tutelle de cet établissement, la filiale a démarré la semaine dernière un tour de table. En quelques jours, des centaines d’individus ont déjà participé à cette campagne de 30 millions d’euros sur trois ans. La Nef proposait jusqu’à présent essentiellement de l’épargne pour financer des projets à impacts culturels, sociaux ou écologiques positifs.